CGT : Bernard Thibault veut jeter l’éponge

Publié le par Carland

Selon nos informations, le leader syndical a l’intention de quitter la tête du syndicat à la fin de l’année sans achever son mandat.

Le parisien : Catherine Gasté-Peclers | Publié le 27.01.2011, 07h00

Qu’arrive-t-il à ? Depuis le début de l’année, le numéro un de la CGT est aux abonnés absents. Il a séché les vœux du président de la République, une première, refusé de rencontrer le successeur d’Eric Woerth au ministère du Travail, , adressé une fin de non-recevoir au rendez-vous proposé par Jean-François Copé.

Il a aussi boudé le calendrier social des négociations avec le patronat et éconduit une délégation de l’intersyndicale.
« Monsieur Bernard », 52 ans, le charismatique leader syndical à la coupe Beatles se fait discret. Car, selon nos informations, il s’apprête à tirer sa révérence. Reconduit à la fin de 2009 pour un mandat de trois ans, il tient à partir plus tôt que prévu. Le sujet de son départ était d’ailleurs inscrit à l’ordre du bureau confédéral de la CGT convoqué lundi dernier. Mais la réunion a tourné court, perturbée par « des problèmes avec le personnel de la confédération », en guerre ouverte contre la CGT sur des questions de salaires et de conditions de travail. Ce jour-là, Bernard Thibault a claqué la porte.

Le patron de la CGT est fatigué

L’annonce de son départ, Bernard Thibault en a réservé la primeur à l’état-major de la CGT. Les 21 et 22 décembre, il était parti se mettre au vert avec les huit membres du bureau, l’exécutif du syndicat. Deux jours incognito au centre de formation Benoît-Frachon de Courcelles (91) pour « discuter des problèmes de la maison » et « faire le bilan » à quasi la mi-mandat. C’est le 21 au soir, à l’heure de l’apéritif, que le leader des grèves de 1995 a informé sa garde rapprochée : « Je pars à la fin de l’année, de manière à ce que mon successeur soit en place avant les présidentielles », rapporte un cadre de la CGT.

L’aveu a jeté le trouble dans la petite assistance, certains n’en croyant pas leurs oreilles. Depuis, le Sphinx, comme on le surnomme, a souhaité laisser passer les vacances, avant de décider d’en dire plus. Mais, confirme-t-on dans son entourage, le patron de la CGT est aujourd’hui fatigué. L’échec du conflit sur les retraites, les bisbilles internes, le recul des adhérents dans certains bastions, les problèmes de dos et familiaux (voir ci-dessous) lui pèsent.
« A plusieurs reprises, il a déjà voulu démissionner », rappelle un connaisseur de la CGT. Mais la rumeur se fait pressante au sein de la centrale de Montreuil. Les coups de fil de militants inquiets se sont multipliés ces derniers temps à la confédération.

A Matignon pourtant, on ne croit pas au départ du numéro un de la CGT. Peut-être parce que le président de la République compte sur lui pour démontrer, pendant la prochaine campagne présidentielle, que le dialogue social ne s’est jamais aussi bien porté en France depuis que la CGT est reçue à l’Elysée comme un invité de marque.

Les raisons personnelles
« Je l’ai vu plié en deux, stressé, angoissé et vraiment soucieux pour sa famille. » Tout le monde sait dans la maison de Montreuil combien le leader CGT, pourtant pudique et secret, a été affecté par les menaces et les barbouzeries dont il a été victime ces dernières années.

Lui et ses proches, sa femme et ses deux garçons, en octobre dernier, ont été visés pour la quatrième fois depuis 2006 par des actes de malveillances.

Pneus crevés devant la maison, intrusion dans son domicile, matériel électronique dissimulé chez lui et dans sa , tête de cochon transpercée d’un poignard devant sa porte. Et même son chat retrouvé égorgé.

Les motifs internes à la CGT

De l’eau a coulé depuis la réélection, haut la main, de Thibault au congrès de Nantes en décembre 2009. Sur les retraites, la CGT n’a rien obtenu. Fin novembre, le syndicat a accusé le coup lors des élections, perdant du terrain à la RATP, EDF, GDF, la Poste. Et les reproches sont récurrents depuis quelque temps : « Thibault ne s’occupe plus assez de l’organisation. » Au siège de la CGT, le torchon brûle avec la soixantaine de salariés mécontents de leurs conditions de travail. « Tous les mécontents déboulent dans son bureau. C’est la preuve des dysfonctionnements de la maison », confie un connaisseur. De quoi mettre un coup au moral de Thibault, présenté comme un grand affectif, « touché en profondeur quand il est mis en cause sur sa légitimité », confie un proche.

Le contexte politique

Le positionnement de la CGT va être très compliqué pour les élections présidentielles. Thibault le sait bien. La Centrale devra-t-elle se rapprocher du Front de gauche ou du PS? Ou alors rester neutre? Thibault, le réformiste, avait plaidé la neutralité de la CGT en 2005 lors du référendum sur la constitution européenne. Il l’a payé cher. Les militants cégétistes étaient pour le non et le parlement de la CGT l’a désavoué. Il avait failli démissionner à ce moment-là. Enfin, si Sarkozy se représente, de bonnes âmes ne manqueront pas de lui rappeler ses poignées de mains au nouveau président.

Source : http://www.leparisien.fr/economie/bernard-thibault-veut-jeter-l-eponge-27-01-2011-1244915.php?xtor=EREC-109

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