Victoire totale pour l'agro-bizness - Trébrivan (22). La maternité porcine autorisée par le préfet

Publié le par Carland

Le préfet des Côtes-d'Armor a fait savoir qu'il autorisait l'exploitation d'une maternité porcine de 883 truies à Trébrivan. Même s'il sait que sa décision sera contestée par certains.

Un élevage modèle? «Moderne», corrige Jean-Louis Fargeas. Hier après-midi, le préfet des Côtes-d'Armor, entouré des directeurs départementaux des territoires et de la mer, et de la protection des populations, a indiqué qu'il donnait son feu vert au projet d'une maternité porcine de 883truies, à Ker-Anna, à Trébrivan. Un projet qui date de décembre2008, dans cette nouvelle mouture, et qui avait fait l'objet d'une enquête d'utilité publique. Évidemment, le représentant de l'État sait que sa décision sera très contestée, du moins politiquement, par une partie des associations de protection de l'environnement et certains élus. Aussi, a-t-il pris soin de rester strictement dans le champ réglementaire pour motiver son arrêté d'autorisation d'exploitation.

Pas une extension mais «un regroupement


» «L'un des rôles du préfet, c'est d'être un arbitre. Et, comme au rugby, je peux faire appel à l'arbitrage vidéo pour valider ou refuser un essai. Ce dossier, tel qu'il est présenté, ne prête pas à la moindre contestation», a-t-il déclaré en introduction. De quoi s'agit-il exactement? «D'une maternité qui va être utilisée par cinq élevages déjà autorisés. Ce n'est pas une extension d'élevage, mais un regroupement de truies élevées jusqu'alors séparément», a poursuivi Jean-louisFargeas qui insiste, aussi, sur une chose: ce projet «améliore le bien-être animal». De plus, Trébrivan n'est pas située dans «une zone de bassin-versant à contentieux ou concernée par les algues vertes». Et cette installation classée se trouve dans un secteur qui n'est pas touché par les excédents d'azote. «Au niveau de la réglementation, il n'y a pas de problème», a argumenté Christian Schwartz, directeur départemental des territoires et de la mer. «Nous sommes ici sur des quantités de 109kg d'azote par hectare et par an», autrement dit, bien en dessous du seuil de 170kg/ha/an.


65% de rejets d'ammoniaque en moins


«De plus, au niveau environnemental, ce projet permet de réduire de 12% l'azote produit aujourd'hui et de 65% les rejets d'ammoniaque», grâce à un traitement de l'air adapté. Par ailleurs, la réserve émise par le commissaire enquêteur, lors de l'enquête publique, sur le plan d'épandage des lisiers, a été prise en compte par les exploitants. Les parcelles les plus éloignées concernées par ce plan ne se situeront pas à plus de cinq kilomètres de l'exploitation. Et, enfin, cette maternité permet de créer quatre emplois dans une zone où le nombre d'exploitants agricoles est en baisse. Pour Christian Schwartz, il s'agit «typiquement d'un projet de développement durable». D'autant que ces 883 truies remplacent 19.000 poules dans la campagne de Trébrivan.

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Publié dans Ecologie

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