Retraites. Les lycéens à toute allure
La gronde lycéenne n'a pas épargné Carhaix, hier. En un tour de main, les lycéens ont bloqué Paul-Sérusier, avant de défiler en centre-ville. Toujours au pas de course.
Les organisations syndicales, qui ont peiné ces derniers jours à se mettre d'accord sur le lieu de leurs manifestations, pourront peut-être prendre exemple sur les lycéens carhaisiens. Mercredi soir, une poignée d'entre eux lance l'idée d'un blocage du lycée Sérusier sur Facebook. En quelques heures, près de 200 lycéens souscrivent à l'idée sur le réseau social. Hier matin, dès 7h30, ils passent à la pratique. Efficaces en diable.
«Pas de débordement»
Le proviseur du lycée, Jean-Luc Dubois, avoue ne pas avoir vu le coup venir. «J'ai simplement demandé de déplacer deux points de blocage pour permettre un accès au lycée, pour la sécurité», précise-t-il. Les professeurs sont bien là, mais seuls quelques élèves suivent les cours. Une partie rentre à la maison. Les meneurs continuent à s'organiser, vitesse grandV. À 10h, une AG est organisée. Le principe d'une manifestation dans les rues de Carhaix, en début d'après-midi, est validé à main levée. Le mot d'ordre: «Pas de débordement». Cinq minutes plus tard, on apprend qu'une palette est en feu près du rond-point menant au lycée. Elle sera éteinte sur le champ, avec passage de savon réglementaire.
Diwan se mobilise
Rapidement, l'info d'une manif court jusqu'au lycée Diwan. Une bonne partie du lycée de Kérampuil (environ 200 selon eux) rejoint le cortège, qui s'élance à 13h30 de Sérusier. Une poignée de lycéens de Rostrenen a aussi fait le déplacement. En à peine deux heures, les lycéens ont organisé leur service d'ordre, multiplié les pancartes et banderoles. La suite va au même rythme, la Grand'rue est avalée au pas de charge, rappelant que, non, décidément, ils ne sont pas prêts pour la retraite. Car c'est bien de cela dont il s'agit, même si la colère est globalement tournée contre «la bande à Sarkozy, qui s'augmente quand nous, on doit faire des efforts».
Slogans sinistres manif festive
Penser à la retraite quand on n'a pas encore commencé à travailler? «Mais avec leur réforme, les anciens vont travailler encore plus longtemps. Et nous, comment on va trouver du travail après nos études?», s'interrogent Alice et Marin, élèves de TerminaleS. Alors les lycéens avancent, chantent, dansent, et avancent encore. Une manif bon enfant, festive même, qui contraste avec des slogans sinistres («Métro, boulot, caveau», «La cotis' pour l'enterrement»). Combien sont-ils? Plus de 500, sans doute, au plus fort du cortège, un peu moins à l'arrivée.
Nouvelle manif ce matin
Au retour au lycée, nouvelle AG. Aujourd'hui, pas de blocage au menu, mais une opération «lycée mort». Le lycée Paul-Sérusier organise les élections de ses différents conseils, dont le conseil de vie lycéenne. Les élèves participeront donc au scrutin en début de matinée, avant, probablement, une nouvelle manifestation vers 10h, et des débats sur la réforme des retraites dans l'après-midi. La suite? «On va participer nombreux à la manif de samedi. Et on va essayer de poursuivre le mouvement la semaine prochaine avec, pourquoi pas, un rassemblement dans une grande ville».