Rennes. Les apiculteurs bretons dénoncent un pesticide mortifère pour les abeilles
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Les apiculteurs aimeraient savoir où sont les parcelles contenant du colza mortifère pour les abeilles, afin d’éloigner leurs ruches. Les services de l’État ne répondent pas. Reportage, samedi, à Rennes.
Silence de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt
Ils étaient une vingtaine, samedi matin, place de la Mairie, à Rennes, en Ille-et-Vilaine. Pas pour vendre leur miel ni faire la promotion de leurs produits. Les apiculteurs, habillés en combinaison blanche, sont venus protester contre le silence de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (Draf). Cela fait des semaines qu’ils attendent une réponse.
Les producteurs de miel, professionnels et amateurs, aimeraient savoir où seront les parcelles de colza traitées avec l’insecticide Cruiser OSR, en enrobage de semences, sur le territoire breton. « Nous pourrions ainsi nous organiser et éloigner les ruches, avant la floraison au printemps 2012, explique un apiculteur morbihanais. Nous redoutons l’effet cocktail de cette spécialité commerciale. »
Une contamination en avril serait particulièrement préjudiciable. C’est à cette époque que les butineuses travaillent pour la récolte de juin-juillet. « Avec ce nouveau pesticide, les abeilles ne meurent pas instantanément, précise un producteur des Côtes-d’Armor. Il n’y a pas d’intoxications aiguës. Les molécules agissent sur le système nerveux et perturbent leur capacité d’orientation. Elles ne peuvent pas revenir. »
Les apiculteurs ne cachent pas leur « incompréhension » quand ils ont appris, au cours de l’été, que le Cruiser OSR était autorisé sur le colza. Des coopératives agricoles n’ont pas inscrit ce pesticide dans leur catalogue. D’autres n’ont pas hésité à le commercialiser.
Selon les apiculteurs, il y en a « aux quatre coins de la Bretagne ».
Des parcelles traitées à l’insecticide « aux quatre coins de la Bretagne »
« Si au moins nous pouvions savoir où se situent les parcelles, s’indigne un Finistérien. Nous tenons aussi à dénoncer le mépris pour les apiculteurs. Des produits étiquetés dangereux pour les abeilles sont mis sciemment sur le marché et l’administration concernée ne nous répond pas. C’est scandaleux ! »
Plus largement, les producteurs s’inquiètent que ce pesticide empoisonne l’environnement. La principale activité de l’abeille est la pollinisation. Si ce produit se répand, les apiculteurs redoutent une stérilisation d’autres plantes. « La Draf devrait nous écouter, confie un producteur du Morbihan. Les abeilles sont un bon thermomètre pour savoir comment se porte la nature. Les responsables devraient nous entendre et réagir. »
Serge Le LUYER.
Source :
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Les-apiculteurs-bretons-denoncent-un-pesticide-mortifere-pour-les-abeilles-%5Bvideo%5D_39382-2020772_actu.Htm