Pontivy (56) - Dandy. «On n'a jamais lâché on savait qu'on avait raison»
Avec la décision de la cour d'appel hier à Rennes, les 235 ex-Dandy redeviennent salariés de Terrena et devraient toucher les arriérés de salaires. Deux ans de lutte qui s'orientent vers un happy-end.
Déboutés par le tribunal de Lorient, les anciens salariés de Dandy comparaissaient début février devant la cour d'appel de Rennes. Le jugement mis en délibéré, a été rendu hier, en leur faveur. Une décision qui a surpris les principaux intéressés. Dans le bon sens. «C'est vrai que l'on n'était pas très optimiste en février, c'est un dossier tellement complexe. Mais là, la justice a vraiment travaillé sur le fond du problème» commentait hier, émue, Florence Even, alors qu'elle venait d'avoir en ligne maître Arzul, leur avocat.
Deux ans de salaire
C'est en effet une victoire dans un long combat. Avec cette décision, la cour d'appel de Rennes a donné aux ex-salariés Dandy une bonne raison de croire que leur lutte acharnée n'est pas stérile. Certes, il reste encore au groupe Terrena la possibilité de se pourvoir en cassation. Mais, pour l'heure, le groupe est condamné à considérer les 235 ex-Dandy comme des salariés et de ce fait verser les indemnités de salaires en retard. Pour la déléguée CGT, qui depuis l'annonce d'Unicopa, le 11mars 2008, de fermer le site pontivyen, a pris ce dossier à bras-le-corps, c'est une très grande satisfaction. «Je ne vais pas sauter au plafond c'est sur, parce que je sais combien sont encore dans la galère aujourd'hui, avec à peine une trentaine d'entre nous en CDI, mais c'est tout de même une immense satisfaction, on est très heureux», se réjouissait-elle. «On n'a jamais lâché car sur le fond, on a toujours su que l'on avait raison», lance-t-elle. Et la syndicaliste de commencer à faire les comptes «pour une moyenne de 1.000euros net par 235 salariés, durant 24 mois...», sans compter disait-elle «que les Assédic se retourneront aussi sans doute vers Terrena pour récupérer les sommes versées». Cependant, tout cela est encore un peu précipité et se clarifiera dans les semaines à venir.
Les Prud'hommes
Prochaine étapedésormais: le conseil des prud'hommes à Lorient. «On devait passer le 26mars mais comme on attendait le jugement de Rennes, la date est repoussée au 24septembre, on demande le versement de nos salaires et des dommages et intérêts». Quoi qu'il en soit, cette décision est un vrai «ouf de soulagement dans un combat très rude depuis 2 ans, mais que de chemin parcouru, que de batailles. Je suis super-contente pour les salariés, c'est une super-récompense, comme quoi il ne faut jamais baisser les bras et se battre» notait Florence. Pour Jean-Pierre Le Roch, maire, la satisfaction est tout aussi grande «c'est une formidable victoire pour les salariés, qui vient récompenser leur courage après deux ans de combat. Je salue cette décision de justice qui prouve que les salariés ne sont pas des kleenex. C'est une belle journée pour la dignité des travailleurs».