Pôle Emploi : les salariés comme les chômeurs, maltraités !
Ils sont au coeur d'un système qu'ils jugent désormais « inhumain ». Les agents étaient appelés, hier, à faire grève dans tout le pays. Ils dénoncent « la déstructuration du service public ».
En Pays de la Loire, la fusion ANPE-Assedic s'est faite dans une telle précipitation que, dans certaines agences, les applications informatiques ne sont toujours pas reliées. « On a été la première région à finaliser la fusion, fin 2009 », dénonce Laurent Boullier, évoquant le zèle de la direction régionale. Une fusion dont les demandeurs d'emploi font les frais : « Certains touchent leurs indemnités avec un mois de retard ! »
De même, la formation n'a pas suivi. Ancien agent ANPE, lui a eu trois jours pour se former au métier de l'Assedic : l'indemnisation. Il a bien signalé les lacunes de ce stage express. Ça ne l'a pas empêché d'avoir à calculer les indemnités des nouveaux inscrits. « Quinze mois plus tard, je ne sais toujours pas le faire », avoue-t-il.
Tentatives de suicide
« Les conditions d'accueil se sont extrêmement dégradées », confirme Jacques-Etienne Baumal, conseiller à l'agence de Saumur. Membre du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, il sillonne la région pour écouter les agents. « Je vois partout des gens qui pleurent », témoigne-t-il.
Sept salariés sur dix sont des femmes. « Elles me parlent de leur travail. Et, au bout de cinq minutes, elles sont en larmes. » Deux ont tenté de mettre fin à leurs jours dans les agences de Saumur et La Roche-sur-Yon, fin 2009. Une troisième, sur le point de le faire à Saumur, a été repérée par ses collègues et hospitalisée d'urgence.
Comment en arrivent-elles là ? Trop de pression, le sentiment d'être devenues incompétentes. « À Pôle Emploi, on maltraite les demandeurs d'emploi, accuse Laurent Boullier. Les salariés sont en contradiction avec leurs valeurs. »
« On n'accompagne plus les gens dans un projet professionnel, ajoute Jacques-Etienne Baumal. Un boulanger qui devenait allergique à la farine, avant, on lui proposait un bilan de compétences sérieux. On regardait avec lui vers quel métier il voulait aller. On l'orientait dans une formation... Aujourd'hui, on lui propose direct un poste de vendeur en viennoiseries. »