Pole emploi for ever
Hier je reçois un mail. C’est pôle emploi qui m’écrit. Gloria Alléluia !
Depuis le 26 aout (2010), j’attends qu’ils me versent mon chômage. J’ai travaillé 6 mois au parlement européen, et ça m’ouvre des droits en France, une allocation chômage histoire de vivoter en attendant d’en sortir.
Septembre passe. Puis les premiers jours du mois d’octobre. Ça commence à m’inquiété, on m’a bien dit en aout que ça prendrait deux ou trois semaines pour enregistrer mon dossier, mais là ça traine. Je fonce au pôle emploi, on m’explique qu’il faut appeler le 36 39.
Un système pacifié
C’est pas parce que dans le pôle emploi dont tu dépends qu’il y a un agent en chair et en os que c’est lui qui s’occupe de toi. Il faut appeler un autre type, au 39 49. Parfois quand tu hausses un peu le ton parce que tu ne comprends rien, ou que ton dossier est un peu compliqué, il arrive par le plus grand des hasards, que cette personne raccroche ; ça évite les conflits.
Un système efficace
Vu que mon dossier traine, le bonhomme au bout du fil me dit de faire un « rappel ». Alors je lui demande d’en faire un. Il rajoute « si la semaine prochaine vous n’avez toujours rien faites un second rappel ».
Un service public gratuit
Semaine suivante, mi-octobre, je vais au pôle emploi pour faire mon second rappel. Ha oui, quand on appel depuis chez soit, c’est facturé 15 centimes la minutes, depuis le pôle emploi c’est gratuit : vu les conversations passionnées que j’ai avec mes interlocuteur – pressez étoile, pressez 2, dites dossier, patientez, etc- je vais au pôle emploi pour téléphoner.

Encore une fois, un système efficace
Cette fois, on m’explique que si mon dossier n’avance pas c’est qu’il manque une pièce. Laquelle ? J’attends une petite semaine pour savoir laquelle. Bingo ! Ils ont perdu tout mon dossier.
Respectant l’individu
Le plus sympa avec pôle emploi, c’est qu’ils demandent des papiers originaux et refusent les copies comme je les ai toutes données, ça m’énerve un peu. Ce que j’explique calmement à l’agent. Compréhensive, elle accepte les copies. Quand je demande un récépissé, « ça n’existe pas », la logique est clair, face à l’administration, l’ « usager » a toujours tord, impossible de prouver sa bonne fois.
Un système tout puissant, qui invente le droit
J’en arrive à hier. Je reçois un mail m’annonçant que je n’ai pas le droit aux allocations chômage. Pourquoi ? Ils ne motivent pas leur refus.
Un système compréhensif, et arrangeant
Retour au pôle emploi. Queue, attente, « pourquoi ? », « parce que vous avez travaillé en Belgique ». C’est « faux », j’ai travaillé à Bruxelles et Strasbourg, là où sont les Parlement Européen, et j’étais sous régime communautaire. « … » la case l’existe pas. J’insiste, trois fois, trois fois un responsable qui n’existe pas quand je demande à le voir, refuse d’ouvrir mes droits à une allocation, à justifier juridiquement son refus. Je dois travailler une journée en France pour pouvoir prétendre au chômage, juste une journée depuis mon contrat au parlement européen. Manque de pot, c’est pas le cas. Dans tous les cas, je perds la rétroactivité de mon chômage, je ne toucherai pas les allocations de septembre et octobre tant attendues.
Qui ne te fait pas sentir comme une merde
Ça me fait penser au système du salariat au début du siècle. Les patrons prenaient toute l’énergie des salariés. Le soir ils devaient rentrer lessivé, toute l’énergie du travailleur devait être mise dans le travail. Pareils pour pôle emploi. Le chômeur heureux ne doit pas exister, il doit galérer, utiliser toute son énergie à essayer de toucher son chômage, à chercher un emploi.
Misérable chômeur qui ose mendier une allocation. Pfff. Salaud de pauvre.
Source : http://nommerleschoses.blogspot.com/
13h. Petite nouveauté, le message de refus d'allocation a disparu de mon espace perso électronique du pôle emploi. La réalité s'ajuste en permanence, c'est l'imagination au pouvoir