Petite enfance. «Les bébés ne sont pas des sardines»
Les professionnels de la petite enfance ont manifesté, hier, leur opposition au projet de décret qui vise à augmenter la capacité d'accueil des crèches sans moyens humains équivalents.
A Quimper, hier matin, ils étaient près de 400 (*) à battre le pavé pour réaffirmer haut et fort que «les bébés ne sont pas des sardines». «Ce n'est pas culturel, chez nous, de faire grève mais il y a de plus en plus de structures à y participer», constatait, hier, Thierry Grimonprez, directeur de la crèche de Lesneven et représentant de l'Arpe, association des responsables petite enfance. Une trentaine de structures de tout le Finistère étaient en effet représentées lors de la manifestation.
Une logique purement financière
«Le gouvernement ne veut rien entendre sur la qualité d'accueil. Le règlement actuel est d'un adulte pour cinq bébés et d'un adulte pour huit enfants, ils voudraient passer à un adulte pour six bébés et un adulte pour neuf enfants. Ils essayent de contourner les choses en autorisant les crèches à augmenter leur capacité d'accueil de 20%», poursuit le porte-parole qui dénonce une logique purement financière qu'on retrouve aussi dans d'autres secteurs qui ne rapportent pas d'argent comme l'école, les personnes âgées ou le handicap.
Les parents aussi
Rivalisant d'imagination pour donner des couleurs au cortège, les salariés en grève avec, dans leurs rangs, quelques parents, ont dénoncé haut et fort le projet de décret qui prévoit aussi d'abaisser de 50 à 40% l'obligation d'employer du personnel très qualifié (éducateurs de jeunes enfants, auxiliaires de puériculture). «On ne place pas un enfant, on l'accueille», «Reviens Dolto, éduquer Sarko», «Ni sardines, ni à la consigne, les bébés doivent garder bonne mine», ou encore «Pas d'économie sur le dos des petits», sont quelques-uns des slogans qu'on a pu voir fleurir tout au long du parcours qui s'est achevé devant la préfecture, où une délégation a été reçue et a pu exposer les raisons du mouvement.
* Des rassemblements avaient également lieu à Saint-Brieuc, où ils étaient une bonne centaine à manifester devant la préfecture des Côtes-d'Armor, à Lannion, où deux crèches et une halte-garderie étaient fermées, à Vannes, où la crèche de Ménimur était fermée et à Lorient où près de 120 personnes ont défilé dans les rues.