Pas de bébés à la consigne - Vannes (56): les professionnelles ne veulent pas de crèches low-cost

Publié le par Carland

« Nous n’avons jamais vu ça ». Nathalie Goldfarb et Dominique Petit, respectivement directrice adjointe et directrice du multi-accueil de Ménimur, à Vannes (56), parlent d’une seule et même voix. Dans leur viseur, un projet de décret remontant au début du dernier mois de février et concocté par Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille. Pour faire simple, le gouvernement « veut augmenter les effectifs des enfants dans les crèches et diminuer le personnel qualifié les encadrant », résume Christine Le Guennec, auxiliaire de puériculture à Vannes.

Quand, aujourd’hui, « trois professionnelles s’occupent de quinze enfants âgés de 3 mois à 3 ans », ce même trio passerait à « 20 bambins » sous sa responsabilité. D’où des « dégradations des conditions de travail », tranche Christine Le Guennec, dans un contexte « où le personnel n’est plus remplacé, comme partout ».

Un slogan : « Pas de bébés à la consigne ! »

Les parents avaient été conviés à ce rassemblement, où deux banderoles ont été déployées une heure durant, dont l’une reprenait le slogan de cette autoproclamée journée de « déferlante nationale de la petite enfance » : « Pas de bébés à la consigne ! ». Une bonne trentaine de personnes ont finalement répondu à l’invitation, malgré la pluie persistante.

Laurence Ema, venue avec sa petite Lilou, 2 ans, n’était pas loin d’être la seule mère de famille à avoir fait le déplacement. Pour elle, sa présence semblait évidente : « Quand mes enfants ont été en âge d’être gardés, je me suis battue pour avoir une place en crèche. Car on y trouve des gens de métier qui ont des compétences et de l’expérience ». C’est au multi-accueil de Tohannic, l’un des cinq placés sous la coupe de la ville, sans compter les quatorze places dépendant de la municipalité à la crèche les Câlins bleus, au centre hospitalier Bretagne-Atlantique.

 « Une prestation qui va forcément s’appauvrir »

Laurence Ema n’en reste pas là : « Il faut arrêter de vouloir acheter du personnel au rabais. On tend vers une prestation qui va forcément s’appauvrir ». D’accord avec elle, les professionnelles de la petite enfance avaient commencé à se mobiliser dès le projet de décret : soit quatre journées « exceptionnelles » de grève en autant de mois. Pour prendre un exemple, la ville de Vannes propose environ 220 places dédiées à l’accueil des moins de 3 ans, occupées à 92 % (les structures associatives et privées ne sont pas comptabilisées).

David Robo, adjoint au maire en charge des affaires sociales, dresse le tableau : « Nous sommes à un personnel qualifié pour six enfants, qu’ils marchent ou non. La moyenne nationale pour les deux catégories est de 6,5. Nous nous trouvons au-dessus des exigences du précédent décret, celui de 2000. Il n’y a donc pas d’inquiétude à avoir ». Qu’en est-il des autres communes de l’agglo ?

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