Nutréa. Les Salariés unis trouvent un accord avec la direction

Publié le par Carland

Avec la «retenue amicale» de quatre dirigeants, dans les locaux de Socalys (Téréna), à Languidic (56), le conflit chez Nutréa est monté d'un cran, dans la nuit de jeudi à hier... avant de redescendre, au fil des heures.

«J'ai fait le calcul. Avec mes 30ans d'ancienneté dans la boîte, je peux espérer toucher environ 22.000€. À la louche, un an de salaire. Ça ne fait pas beaucoup, d'autant qu'à 52 ans, je ne me fais pas trop d'illusions. Je ne retrouverai jamais plus de boulot». Hier matin, Pierre (1), ouvrier de production à l'usine de Cast, balance entre amertume et fatalisme. Mais comme nombre de ses collègues, rassemblés depuis plus de 24 heures devant le siège de Socalys (2) sous un cagnard d'enfer, il n'aspire plus qu'à une chose: que syndicats et direction trouvent rapidement une issue au conflit et s'entendent sur le plan de sauvegarde de l'emploi(3) qui devrait être gravé dans le marbre le 16 juillet.

Un front syndical uni

À quelques mètres de là, les leaders syndicaux ne disent pas autre chose. «Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons décidé de retenir amicalement sur le site les quatre principaux responsables. Mais ce sont les gars qui l'ont voulu. S'il y avait eu des avancées significatives de la part des actionnaires, jamais nous n'aurions agi ainsi», se défend, un brin épuisé, Daniel Riou, délégué central CFDT. «Pour avancer et trouver une sortie honorable, nous avons décidé de faire taire nos divergences et de présenter désormais des revendications communes. C'est l'avenir des salariés qui se joue actuellement», renchérit René Gourves, délégué central CGT. Repliés, bien malgré eux, dans une pièce, au second étage du bâtiment administratif de Socalys, Dominique Bricard, directeur de Nutréa nutrition animale, Nicolas Douillard, directeur des ressources humaines, Hubert de la Hamelinaye (Terrena) et Hervé Tallec évitent de se plaindre de leur sort et font profil bas. Traits tirés et barbe d'un jour, le directeur de NNA veut lui aussi en finir. «Ce qui importe, c'est de trouver une solution qui satisfasse les salariés». Au terme d'une journée marathon empreinte de respect de chaque côté, les deux parties ont fini par trouver un terrain d'entente. Quel sera le montant de la prime extralégale de licenciement tant réclamée par les syndicats ? Mystère. «Ce qui importe, c'est que le combat syndical a payé. Tous les salariés, concernés ou pas par les suppressions d'emploi, ont su se montrer solidaires. C'est grâce à eux que nous avons gagné», commentait à chaud, hier soir, Daniel Riou.

1. Un nom d'emprunt. 2. Le site de Nutréa, à Languidic, ne disposait pas de locaux suffisamment grands pour accueillir l'ensemble des délégations. C'est la raison pour laquelle elles se sont repliées vers les bureaux de Socalys, situés non loin de là. 3. Dans le cadre d'un vaste plan de restructuration de son activité nutrition animale, Coopagri envisage la fermeture des sites de Cast et de Questembert (56), soit au final la disparition de 70 à 80emplois.

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