Nicole, harcelée par une société de rachat de crédits: "Ils n'ont pas le droit d'agir de cette façon"
C'est un soucis financier qui s'est transformé en gros problème de santé. Il y a deux ans, Nicole, une retraitée et veuve habitant Reims, contracte un crédit bancaire de 8.000 euros. Au bout de quelques temps, elle n'a plus les moyens de rembourser les mensualités.
Viennent alors "les menaces de saisie" et les "quatre à cinq coups de téléphone par jour" d'une société de rachat de crédits, raconte Nicole à RTL. "Toutes les nuits j'y pensais et toutes les nuits, j'avais des envies de me suicider, rapport à eux", témoigne-t-elle. Elle décide alors d'entreprendre une action en justice.
Sur Le Post, son avocat, maître Ludot, raconte la suite: "Elle est arrivée à mon cabinet dans un état psychologique inquiétant".
Comment avez-vous monté le dossier de cette cliente?
"Lorsque cette dame est arrivée à mon cabinet, elle n'avait plus d'argent et avait emprunté partout où elle pouvait. Mais surtout, elle était dans un état psychologique inquiétant, prête à commettre l'irréparable. Je lui ai alors conseillé d'aller voir un psychiatre renommé à Reims, pour établir un diagnostic médical.
Qu'en est-il ressorti?
"Le médecin a fait état d'un stress post-traumatique, avec des syndromes de dépression, des troubles du sommeil, des angoisses, etc. Le rapport établit que l'ensemble de ces troubles ont été provoqués et entretenus par les demandes incessantes de remboursement. Nous avons donc déposé plainte pour harcèlement et préjudice psychologique".
Est-ce la première fois qu'une société de rachat de crédits est attaquée en justice avec ce type d'argument?
"Oui, à ma connaissance c'est une première de se présenter devant un juge avec une expertise psychiatrique qui met en évidence une causalité entre un état de santé fragilisé et des pressions incessantes d'une société de rachat de crédits."
Que pouvez-vous reprocher à cette société?
"Au départ, ce n'est pas elle qui avait prêté 8.000 euros à ma cliente. C'est une banque, d'ailleurs très connue, qui a fait le crédit. Quand cette banque a vu les difficultés de Nicole pour le rembourser, elle a vendu la créance à la société. Cela permet à la banque d'avoir des comptes 'propres'. C'est une technique bien connue, notamment à l'origine de la crise financière. La société de rachat a acquis la créance pour une très faible somme, donc elle n'a pas d'intérêt à récupérer les 8.000 euros. Nous allons jouer là-dessus."
L'affaire sera jugée au tribunal de Reims, le 17 septembre. Nicole réclame 10.000 euros pour préjudice psychologique.
Jointe par Le Post ce mardi, la société de rachat de crédits devait nous rappeler pour répondre à nos questions. En fin d'après-midi, elle ne l'avait toujours pas fait.