MNCP Morlaix : Faim de droit

Publié le par Carland

Nos politiciens nous expliquent qu’ils sacrifient leur vie personnelle, leur vie professionnelle pour notre bien être. Et, nous ne leur manifestons pas notre reconnaissance. Ingrat que nous sommes.

Dure dure d’être un politique aujourd’hui. Ils vivent une époque très difficile : malgré la crise financière qui nous est tombée dessus sans crier garde, disent-ils, le pouvoir d’achat des français continue à augmenter selon les statistiques. Avez-vous déjà essayé de payer une baguette de pain avec des statistiques ? Pas facile. L’état est ruiné, nous coutons trop cher, nous sommes des charges de plus en plus lourdes pour le pays, et malgré toutes ces difficultés, nos bons politiciens ont su trouver l’argent nécessaire pour que les banques ne plongent pas. Je croyais que le libéralisme prônait qu’il ne faut pas aider le faible, et que la main invisible d’Adam Smith maniait son balai pour faire le grand ménage en permanence. Petite entorse à la règle, ou "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais" ?

Là-dessus, un volcan qui crachotte les empêche de voyager comme bon leur semble. La nature, l’écologie ça suffit comme l’a dit notre bon président ! Trop c’est trop !

Regardons la situation en face. Nous assistons à une crise financière provoquée par le système qu’ils ont mis en place en répétant inlassablement que le libéralisme était la seule solution, et que la mondialisation allait apporter le bonheur à tout le monde en commençant par les plus pauvres des pays pauvres. Le chinois de base allait lui aussi pouvoir s’acheter une télé comme les français dans la fin des 30 glorieuses. Sommes nous vraiment plus heureux actuellement ? La construction européenne aurait-elle échouée ? Où est-il cet avenir radieux qu’ils nous avaient promis ? Nous aurait-on menti ?

La phase 1, la crise financière quitte la une de nos journaux pour laisser place à la phase 2 : la crise politique, avec son cortège d’élections sans majorité et d’instabilité de la bourse. Les gouvernements vont devoir prendre des mesures, faire des réformes, bref tailler dans le gras du peuple pour son bonheur pendant que la bourse attaque les pays qui ont un pied à terre déjà.

Phase 3 : la crise sociale s’installe. Réaction première : le peuple anesthésié par "la modernisation indispensable de son économie" baisse les bras et se laisse plumer. Pas de raison de s’arrêter en si bon chemin, et ce, tant qu’il ne s’agite pas trop. Le politique, le financier continue à s’engraisser sur la bête. "Pourvu que ça dure !" comme l’a dit Maria-Letizia Ramolino, mère de notre premier empereur.

Mais malheureusement même les bonnes choses ont une fin. Le peuple râle, il en a marre de s’entendre dire qu’il mange trop, qu’il ne travaille pas assez, qu’il est assisté et que l’on va lui en demander plus car les politiques lui en ont déjà trop donné.

Des groupuscules se forment, réfléchissent, commencent à mettre en musique tout le ressenti du peuple, bref complotent. Et c’est le plus souvent un évènement mineur pour le pouvoir, volontairement provoqué ou non, qui sert de détonateur, et qui met le feu au poudre. Et c’est tout le pays qui proteste, qui s’embrase, qui s’agite, qui vire ses élus pour en remettre d’autres et c’est reparti pour un cycle.

Voilà ce que nous apprend l’histoire, celle des pays de l’Est par exemple. Mais l’histoire ne sait pas prévoir le moment de ces évènements.

Le citoyen a faim de droit.

Source : http://comitechomeurmorlaix.free.fr/spip.php?article198

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Publié dans Chômage & précarité

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