Mediator des laboratoire SERVIER. Pourquoi une si longue attente ?
En effet, voila une question quelle est bonne : comment ce fait il que depuis 13 ans ou les premiers doutes étaient apparus rien ni personne n'a bougé ?
Comment se fait il que le livre de Irène Frachon a été censuré par le tribunal qui en principe est chargé de défendre l'intérêt général pas de la défense des intérêts particuliers des laboratoires.
C'est un détail, mais quand même : Pourquoi depuis le début de la polémique les médias ont ils tant de mal à écrire le nom du laboratoire en cause à savoir SERVIER.
De manière générale ce n'est hélas qu'un scandale de plus à ajouter aux nombreuses affaires qui ont comme point commun d'opposer l'intérêt général aux intérêts pécuniers des actionnaires (la censure du Dr Frachon ne peut s'expliquer autrement).
Certes l'assureur en chef chargé de la santé Xavier Bertrand nous fait de grandes et nobles déclarations dans le plus pur style de son maitre : "vous allez voir, avec moi tout va changer". Bof, Sarkozy aussi prétend sans rire avoir moralisé le capitalisme. Comme si il y avait encore quelqu'un pour douter qu'il n'est que la voix de son maitre le MEDEF.
Une seule certitude : il y aura encore ce genre de scandales : que vaut la vie des gens face aux exigences de rentabilité des financiers et des actionnaires ?
Carland
Un an après sa suspension par l'Afssaps, le Mediator devient une préoccupation pour le ministre de la Santé. Mais pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps?
Un an. Il aura fallu près d'un an pour en arriver enfin à voir un ministre se saisir du dossier du Mediator. Un an pour que les autorités sanitaires livrent un chiffre sur le nombre de victimes décédées.
Une autre question
Ce chiffre, jugé comme un minimum par des spécialistes, arrive comme une réponse à la question posée par le Dr Irène Frachon dans son livre sorti en juin aux éditions Dialogues.fr. «Mediator, combien de morts?» en était le titre aussitôt censuré par le tribunal des référés de Brest à la demande du laboratoire Servier.
Et cette réponse amène une autre question: si Servier n'avait pas été un laboratoire pharmaceutique français, aurait-il pu échapper aussi longtemps au retrait de son médicament et à ses conséquences économiques? Comment expliquer que le benfluorex soit resté en vente en France jusqu'à sa suspension, en novembre2009, par l'Afssaps? D'autant plus qu'il y avait le précédent de l'Isoméride, autre coupe-faim produit par Servier interdit en 1997. Le Mediator était resté seul sur le marché après le retrait, en 1999, de tous les autres coupe-faims dérivés d'amphétamines.
Premiers doutes en 1997
Les premiers doutes étaient émis dès 1997, son service médical rendu insuffisant avait failli le faire dérembourser en 2001. Enfin, en 2003, l'Espagne l'avait retiré de la vente à la suite d'un cas de valvulopathie.... En France, rien de tel, tout juste réduisait-on sa prescription aux diabétiques en surpoids en recommandant d'éviter son utilisation comme coupe-faim. Mais dans le secret des cabinets médicaux, bien des patients non diabétiques voulant perdre du poids arrivaient à s'en faire prescrire.
Seule la revue indépendante de toute publicité, Prescrire, s'énervait régulièrement dans ses colonnes sur la présence têtue du Mediator sur le marché. Malgré les risques connus. Voilà un médicament qui ne servait pas à grand-chose, mais toxique pour le coeur, dont il se vendait des millions de boîtes chaque année. Après trois ans d'enquête avec ses confrères brestois et un an de vent debout face au laboratoire Servier, le Dr Frachon a enfin trouvé un écho à sa révolte.
- Catherine Le Guen
- Lire aussi : http://www.latetocarhaix.org/article-le-medicament-mediator-des-laboratoires-servier-aurait-fait-500-morts-61055893.html