Le cri d'alarme de l'ADMR d'Huelgoat

Publié le par Carland

Les conditions climatiques n'ont pas permis à la «journée morte» de l'ADMR d'Huelgoat d'avoir l'écho espéré. L'association pourrait organiser une nouvelle opération avant la fin du mois.

Une journée sans l'ADMR. Une journée morte, pour les quelque 300 personnes aidées par l'association d'Huelgoat, sur les sept communes de son secteur. Juste pour voir les dégâts que pourrait coûter la disparition de la structure, redoutée par des personnels et administrateurs. Bien sûr, l'association avait pris les devants, prévenant les municipalités concernées, afin que les personnes très dépendantes puissent tout de même être visitées par les personnels des communes et leurs CCAS. Il n'empêche, cette opération se voulait comme un signal d'alarme tiré aux yeux de la population et des élus. Les aléas climatiques ont compliqué la tâche: difficile de mobiliser et de rencontrer la population, quand les 60 salariés ne peuvent gagner Huelgoat, cité elle-même quasi déserte à cause de la neige! Qu'importe. Le rendez-vous en préfecture est reporté, et une nouvelle opération de ce type pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine, ou dans quinze jours, prévient Anita Daniel, présidente de l'association. «Mais cette fois, nous assurerons quand même les visites aux personnes les plus fragiles».

Un mois pour sauver la structure

Car le temps presse pour l'association, qui pourrait se retrouver en cessation de paiement au 15janvier prochain si rien ne change. «Nos prestations sont aujourd'hui tarifées 20,45€, selon un tarif défini conjointement par le conseil général, et la Fédération ADMR 29», explique l'association. «Or, elles nous coûtent 22,30 €, et nous perdons de l'argent à chaque heure effectuée». Les raisons de ce coût élevé des interventions sont structurelles: la faible densité démographique du territoire impose aux salariés de multiplier les kilomètres. En outre, le secteur présente le taux le plus élevé de personnes très dépendantes (GIR 1) du département (11%). «On ne fait pas que du ménage, on prépare les repas, on aide les personnes à se déplacer,enconcertation avec les infirmières», rappelle ainsi une salariée.

Appliquer son propre tarif ?

Quelles solutions s'offrent aujourd'hui à l'association? Elles ne sont pas multiples. L'ADMR d'Huelgoat espère un retour de la régulation du prix moyen par la fédération. «Mais ça fait six mois que la fédération dit qu'elle va se pencher sur le cas de l'ADMR d'Huelgoat, et on n'a toujours rien. Pas même une réponse à nos coups de téléphones ou mails», tonne un membre de l'association. L'ADMR d'Huelgoat pourrait donc se désolidariser de la fédération, et solliciter auprès de la préfecture l'autorisation d'appliquer son propre tarif. La possibilité de se placer en procédure de sauvegarde judiciaire est également évoquée, pour repousser le couperet du 15janvier. En attendant, les salariés doivent reprendre la route ce matin. Sous la neige, dans des conditions où la majorité des gens n'ose prendre sa voiture. «On ne fait que les visites les plus urgentes, chez les personnes les plus fragilisées», précise une salariée. «On prendra le risque de sortir, même si on sait que nos emplois ne sont pas sauvés, que tout peut s'arrêter dans un mois. Car si on ne vient pas, qui s'occupera de ces personnes?».

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Publié dans ADMR 29

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