Le capitalisme se moralise : Un dirigeant d’UBS a reçu 13 millions en 2009
Publié lundi, le rapport annuel d’UBS vient souffler sur les braises du débat provoqué par l’initiative de l’industriel Thomas Minder «contre les rémunérations abusives», en plein examen parlementaire. Mercredi et jeudi, les Chambres fédérales se pencheront sur un contre-projet constitutionnel.
Atteignant 69 millions de francs, l’enveloppe consacrée aux membres du conseil de direction est 7,5 fois plus importante que celle débloquée en 2008. UBS rappelle cependant que, par rapport à 2006 – année faste précédant la crise – elle a fondu de 72%. Les réactions politiques ont été vives. Le président du PDC, Christophe Darbellay, a estimé qu’après les 2,7 milliards perdus par la banque en 2009, la direction aurait dû renoncer à ses bonus.
39 millions pour les sortants
Son directeur général, Oswald Grübel, s’est vu octroyer 3 millions mais ne touchera aucune prime. Lors de son arrivée, il y a un an, il avait cependant reçu des options d’achat d’actions UBS évaluées alors à 13 millions de francs et exerçables à partir de mai 2010. La plus haute rémunération – 13 millions de francs – revient à Carsten Kengeter. Recruté en septembre 2008, cet ancien de Goldman Sachs, est chef des activités de «trading» et coresponsable de la banque d’investissement. La banque insiste que sur les 55 millions de bonus versés à ses dirigeants, seuls 16 millions sont immédiatement attribués. Le nouveau système de rémunération imposé par le régulateur exige que seule la moitié des bonus soient constitués de «cash», distribué sur trois ans. Les autres 50% dépendent de la marche des affaires: 33% sont bloqués sur cinq ans tandis que 17% sont versés après trois ans, à condition que la progression du «profit économique» et de la valeur boursière de l’entreprise dépasse celle de ses concurrentes. La règle ne s’applique pas à Carsten Kenteger, qui a touché 5 millions «cash».