La révolution selon Christine Lagarde
«Chacun son métier: il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m'y risquerais pas, je crois qu'il faut intervenir chacun dans sa compétence». Qu'Éric Cantona se le tienne pour dit, Christine Lagarde n'entend pas recevoir des leçons de révolution de la part d'un "acteur" qui ne maîtrise pas "les mécanismes financiers et économiques". Car la révolution, Christine Lagarde, cela fait 3 ans qu'elle la prépare."Et pas une insurrection de bisounours où il suffit d'aller au guichet" a renchéri la ministre de l'Économie. "Depuis 2007, le président m'a confié la mission délicate d'accroitre brutalement l'injustice dans ce pays. De rendre ostensiblement les riches plus riches et d'étendre la misère sociale. Nous y travaillons consciencieusement : bouclier fiscal, RSA, retraites, réforme de l'hôpital et j'en passe. Tout a été mis en place pour pousser le peuple à la révolte" s'est emporté la ministre, "alors que ce monsieur Cantona arrête de nous chier dans les bottes et laisse bosser les pros".
Point d'orgue de ce long chemin vers "le grand soir", le remaniement ministériel de novembre dernier, avec la mise en place d'un "gouvernement totalement révolutionnaire". En effet, selon Christine Lagarde, le président et son premier ministre ont décidé de construire un "gouvernement d'incitation à la violence" pour accélérer le processus révolutionnaire. "Le but était de réunir un maximum de têtes de cons, de truands voire d'abrutis finis. Un habile mélange de malhonnêteté et d'incompétence". Malgré l'absence de Jean-François Copé, Christine Lagarde juge le casting réussi : "Avec Lefebvre, Juppé et Morano, on peut effectivement parler de dream team. Même si je persiste à penser que Jean Sarkozy premier ministre, ça aurait eu de la gueule".
Malgré tout, le pire n'est jamais sûr. "On pensait vraiment tenir le bon bout avec les retraites. Une réforme aussi injuste défendue par Éric Woerth, c'était une occasion en or. L'échec est incompréhensible. C'est à se demander jusqu'où il faut aller". Le gouvernement entend donc jouer son ultime carte. "Franchement, si la suppression de l'ISF défendue par Frédéric Lefebvre n'incite pas les français à ressortir la guillotine, c'est à désespérer de ce pays".

