"La mort vaut mieux que Ben Ali"

Publié le par Carland

Elle s'appelle Zohra, elle habite Tunis avec ses quatre enfants. Son mari, ancien opposant au président Ben Ali, a disparu mystérieusement, il y a dix ans déjà.

Depuis plusieurs jours maintenant, à chaque fois qu'elle voit partir ses deux fils aînés pour « la rue » , elle sait. Elle sait qu'elle ne les reverra peut-être pas. Elle sait, mieux que personne, ce dont le pouvoir tunisien est capable. Elle sait qu'aujourd'hui encore les policiers tunisiens exécuteront les ordres en même temps qu'ils exécuteront certains manifestants, pour l'exemple.

Ce soir, c'est le couvre-feu décrété à Tunis. Et, elle, qui s'est opposée au dictateur toute sa vie, demande à ses enfants de ne pas sortir ce soir, « d'attendre demain ». Elle voudrait juste pouvoir se coucher une dernière fois, en les sachant vivants.

La réponse d'un de ses enfants fuse comme ce cri repris désormais par tout un peuple : « la mort vaut mieux que Ben Ali ». Réponse cinglante comme cette porte qui se referme brusquement devant Zohra.

De Kasserine à Tunis, jusqu'aux portes du Palais de Carthage, le peuple tunisien a semble-t-il décidé d'en finir avec celui qu'on certains comparent encore à Ceausescu. Connaitra-t-il la même fin ? Zohra l'espère, ce soir, plus que jamais.

Elle sait que, jusqu'au bout, Ben Ali ne connaîtra aucun scrupule, ni aucune limite, pour garder le pouvoir. Elle sait aussi qu'il dispose encore de nombreux alliés dans « le monde libre », en France notamment.

Soyons sûrs que Zohra a entendu ces derniers jours, ces ministres et autres parlementaires français, soutenir encore et toujours leur ami dictateur. Soyons sûr qu'elle a maudits de tout son être ces soit-disants républicains et démocrates. Zohra s'est peut-être même posée cette question :

Où sont donc les héritiers de la révolution française et de la république des droits de l'homme ? certainement pas au palais de l'Elysée, ni dans quelques autres ministères. Eux, seraient plutôt la ré-incarnation du roi, de sa cours, et de leurs privilèges. Amis des dictateurs sanguinaires. Ennemis de l'aspiration des peuples à devenir libres et souverains.

Enfin, et surtout, en guise de soutien et d'espoir, offrons à Zohra ainsi qu'à tout le peuple tunisien, ces quelques mots d'un camarade saltimbank chilien, qui a combattu par le passé un autre dictateur célèbre :

" N'oublie pas camarade que le peuple uni triomphe toujours "

Source : le blog de HK le Saltimbank

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