La guerre, la Gèce et le capitalisme
« Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n'avons jamais été aussi prospères. C'est une guerre de classes, et c'est ma classe qui est en train de gagner » Warren Buffet 3ème fortune mondiale !
Titre original de l'article : LA GUERRE
Cette guerre, elle n'a pas commencé hier avec les émeutes en Grèce. Elle ne fait que se continuer, et est montée d'un cran supplémentaire à Athènes. Il est difficile de dire quand elle a exactement commencé, encore plus de savoir quand elle va finir ; en revanche une chose est certaine : ce n'est pas nous qui l'avons voulue. Ce n'est pas nous qui l'avons initiée ni souhaitée. Nous n'avons
François Fillon s'invite en urgence sur le plateau du JT de TF1 pour annoncer la mine grave : «on va prendre des décisions qui seront des décisions difficiles» ; mais pas des décisions "difficiles" pour lui, pour les gens comme lui. Jamais ils n'annoncent d'austérité dans laquelle ils seront concernés. Jamais. L'austérité, c'est toujours pour les autres, pas pour les François Fillon.
DSK, ce bon Dominique dont des ânes commencent déjà d'espérer que ce bon socialiste va nous sauver du méchant Sarkozy, déclare dans une interview au Parisien : "Il faut arriver à fermer les robinets qui fuient et que les Grecs arrêtent de s’endetter tous les jours à des taux de marché de plus en plus prohibitifs". C'est vrai que ces abrutis de grecs qui passent leur temps à s'endetter, ça devient insupportable. On aimerait pourtant qu'autant de morgue et de mépris soient lancés en directions des spéculateurs, mais ça non plus ça n'arrive jamais.
Ces gens ne se contentent pas de nous écraser de leur mépris, si il n'y avait que ça : ils nous écrasent littéralement par des décisions qui vont toujours dans le sens de la pleine satisfaction de leurs semblables : plus pour eux. Moins pour nous. Toujours plus pour eux. Toujours moins pour nous. Et quand ça ne suffit plus et qu'il n'y a plus rien, c'est le moment de la dernière saignée, celle qui extirpera les dernières gouttes et on laissera le cadavre derrière avant de passer à un autre malade, comme des médecins fous qui rendent leur patients encore plus malades avant de leur expliquer que si ils sont malades c'est de leur faute.
Ces gens nous ont déclaré une guerre totale et sans merci depuis trente ans et quand on s'avise de tenter de protester, ils hurlent à la déraison et au "totalitarisme" avant d'en remettre une couche de dérégulations et de fabrication en masse de travailleurs pauvres. Et bien évidemment, au moment même où ils détruisent tout, il appellent à la "raison" et à la "mesure". Et si la raison ne suffit pas, les charges de policiers à moto et les tabassages de manifestants sauront exprimer la vérité crue de ces politiques "démocratiques" parce que tout cela est fait au nom de la "démocratie". Jamais un mot à ce point vidé de son sens n'aura autant été utilisé pour exprimer son exact contraire. Détruire des peuples et briser les espoirs des petites gens en le condamnant au mieux à vivoter dans des boulots dégradés avec des salaires indignes : voilà cette "démocratie" dont ils se gargarisent.
Les imbéciles qui ont lancé des cocktails molotov contre une banque alors que des personnes y travaillaient et ont provoqué la mort - non voulue, sans doute, mais ça ne change rien pour les malheureuses victimes...- de trois employés seront bien évidemment fustigés par nos "démocrates" qui en profiteront au passage pour amalgamer tous les manifestants avec ces excités. On peut également s'attendre à ce que des éditorialistes et autres blogueurs plus ou moins "influents" se mettent à verser de chaudes et pieuses larmes sur les corps des victimes de la "violence" contestataire ; cet élan humaniste sera à coup sûr bouleversant, mais on aimerait croire que si ça avait été trois manifestants qui avaient péri, leur émotion serait tout aussi spontanée...
Quand pour certains ils ne s'en réjouiraient pas à voix plus ou moins haute devant leur clavier, par ailleurs.
Mais on peut de toute façon compter sur eux pour jamais, au grand jamais, ne condamner avec la plus grande fermeté la violence à l'origine des violences, celle qui n'est en rien spectaculaire mais se passe entre gens bien élevés qui portent vestons de tailleurs et cravates de luxe et qui décident entre eux que ces peuples vont prendre cher, bien cher et bien lourd. Ceux-là ne brûlent jamais de pneus ni ne défilent, leur pouvoir les met à l'abri de ce genre d'agitation.
À l'abri, du moins pour le moment en tout cas.
Ils ont voulu cette guerre sans fronts ni territoire, cette guerre de l'argent, pour l'argent, pour imposer le terrorisme de l'argent, et ils savent que ce qui se passe en Grèce se passera ailleurs parce que eux savent, et le mieux du monde, qu'ils sont en guerre. En guerre contre nous.
Et de plus en plus de gens comprennent maintenant que cette guerre en cours, celle des riches contre tous les autres, de plus en plus de gens découvrent dans un mélange de stupeur et de rage que des gens qui ont tout leur ont déclaré une guerre sans pitié parce qu'ils en veulent plus et plus encore quitte à tout ravager sur leur passage et peu importent les cadavres. De plus en plus de gens ouvrent les yeux sur la nature exacte de ce qui se passe et comprennent qu'il n'y a désormais plus de choix ou d'alternatives.
C'est eux ou nous.