L'usine Faurecia de Saint-Nicolas-de-Redon : le bras de fer ne fait que commencer
Samedi 26 juin : la grève continue et se durcit
La démission du directeur ne change pas les plans de la direction. « Nous avons un nouveau directeur, mais la situation n’évolue pas. » Hier, Michel Caillon, le directeur du site, avait présenté sa démission, après plus d’une semaine de grève des employés.
Il a été remplacé par Jean-Philippe Coisnard, qui avait déjà exercé des responsabilités au sein du groupe. Les syndicalistes, après les entrevues de ce matin, disaient leur déception. En cause, « la volonté de délocaliser des chaînes de production vers d’autres sites » de l’équipementier automobile, selon Jean-Pierre Robert, délégué CFDT.
Les grévistes, qui réclament le maintien de l’emploi sur le site nicolasien, ont assorti leurs revendications de demandes financières. « Les salariés estiment qu’ils ont le droit à une prime avant la fermeture définitive de l’usine », déclarait Lilian Brunet. Cet après-midi, vers 15 h, une quarantaine d’employés de Faurecia ont bloqué la circulation entre Redon et Saint-Nicolas-de-Redon, à hauteur du passage à niveau. « Nous allons nous faire entendre », annonçait Lilian Brunet, qui ajoutait que « le bras de fer ne faisait que commencer ».
Les salariés ont entamé, mercred 23 juin , leur quatrième jour de grève.
En cause ? La relocalisation de certains outils de productions vers d’autres usines avant la fermeture définitive de l’usine, prévue en juin 2011. Une rencontre a eu lieu entre la direction et les représentants syndicaux. Elle a duré cinq minutes, chacun restant sur ses positions.
L’usine compte actuellement 188 salariés. 95 % des effectifs se sont prononcés pour la grève. Un mouvement qui risque de se retrouver au cœur des revendications lors de la manifestation intersyndicale prévue, ce jeudi, à partir de 17 h au départ de la sous-préfecture de Redon.
Les salariés reprochent à la direction de déplacer le montage des sièges destinés à des véhicules Renault, avant même la fermeture définitive de l’usine, prévue pour juin 2011. « La direction s’était engagée à ne procéder à aucun licenciement jusqu’à la fermeture. Elle doit respecter sa parole », ajoute Lilian Brunet, délégué CGT.
Parmi les grévistes, Alain Collin, secrétaire du CSHCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) dénonce « une destruction psychologique des gens. Ils sont inquiets pour leur avenir. » Et Philippe Rouxel (CFDT) d’ajouter : « Les salariés ne demandent qu’une chose : être assurés d’aller jusqu’en juin 2011 s’ils n’ont pas trouvé de solution avant. » Une rencontre avec la direction doit avoir lieu dans l’après-midi. L’usine compte actuellement 188 salariés.
Lire Ouest France : "Grève générale sur le site de Faurecia à Saint-Nicolas-de-Redon"