Grève des chômeurs. Occupation de l' agence Pôle Emploi - Jaurès
Aujourd'hui, RDV mardi 4 mai 10 heures, même lieu.
Un groupe dechômeurs et salariés précaires aoccupé, hier, une agence Pôle Emploi. L'action avait pour but d'évoquer leurs difficultés auquotidien.
La cinquantaine de chômeurs et précaires s'assoit dans le hall de l'agence Pôle Emploi, rue Jean-Jaurès. Une banderole annonce: «Grève des chômeurs». «Nous voulons dénoncer le flicage des chômeurs, les radiations abusives, les minima sociaux insuffisants, le répondeur téléphonique 39.49 qui empêche d'avoir quelqu'un au bout du fil...». Laliste des griefs est longue. À 52 ans, Fabrice se retrouve parmi les chômeurs. «Je suis chef de cuisine depuis 35 ans. On me propose des emplois à 9,20€ de l'heure, alors que je peux prétendre à 15€. Les entreprises abusent de la situation, dit-il avec amertume. Il faut qu'on se fasse entendre».
Une occupation courtoise
Le directeur de l'agence se présente: «Je vous demande simplement de ne pas gêner les demandeurs d'emploi qui sont là». «Nous voudrions connaître le chiffre des radiations prévues pour la fin du mois», lance un membre du collectif. «Mais je n'en ai pas», assure le directeur. L'homme se dit favorable au mouvement des chômeurs et précaires, «un public souvent isolé». «Alors pourquoi l'agence n'affiche-t-elle pas les coordonnées d'associations d'aide aux chômeurs ?», rétorque un gréviste.
Souffrance à Pôle Emploi
«C'est vrai que la période est difficile». Le directeur de l'agence évoque la dégradation du marché de l'emploi et les difficultés soulevées par la fusion ANPE-Assedic. Le suivi mensuel mené par ses équipes doit permettre d'aider les demandeurs d'emploi. Mais Annabelle et Christine s'étranglent: «Le suivi mensuel n'existe plus. C'est au mieux tous les six mois, lancent les deux déléguées du personnel CGT. Les conseillers ont chacun de 120 à 200 personnes à suivre et seulement deux demi-journées pour les recevoir ! Les salariés nous parlent eux aussi de souffrance».