Formaté

Publié le par Carland

A l’école, il était bon élève. Formaté

Obéissant et discipliné comme le maître le voulait. Déjà voûté

Il apprenait ses leçons sans toujours les comprendre

L’important c’était d’obéir et réciter par cœur la leçon apprise

 

Il n’y a pas de place pour l’imagination dans son monde

La colère lui fait encore serrer les poings pour le seul zéro obtenu

A cause du sujet idiot du devoir : « imaginez le monde de demain ? »

Il se souvenait aussi du dernier de la classe plié en deux par un fou rire

 

Il a grandi, maintenant. Formaté

Au travail, il s’échine à satisfaire ses chefs. Toujours voûté

Il est là ou on lui d’être et jamais il ne questionne. Il applique

L’important c’est d’être bien vu de chefs qui ont oublié jusqu'à son nom

 

Il n’y a pas de place pour les blagues entre collègues dans son monde

Il se rappelle encore de la seule réprimande du boss qui lui demandait :

« Imaginez un moyen d’augmenter les profits ». Il n’a pas su !

Il se souvenait de ce gus viré trois jours après, plié en deux par un fou rire

 

Il aime l’ordre. Formaté

C’est sa colonne vertébrale à lui l’ordre. Mais il est de plus en plus voûté

Les règlements, les consignes balisent sa vie

L’important c’est de ne rien laisser au hasard, encore moins à la fantaisie

 

Il n’y a pas d’exceptions à la règle dans son univers millimètré

Quelle humiliation le jour ou buvant un café au bar, un insolent lui a dit :

« Tu sais où tu peux te le carrer ton règlement ? ».Traumatisé, choqué.

Il se souvenait du patron du bar plié en deux par un fou rire

 

Il est marié et a des enfants. Formaté

C’est le destin de tout homme lui a expliqué son père. Même très voûté

Il a obéis, a épousé, a eu une fille et un garçon. Standard

L’important c’est de perpétuer les valeurs de travail, famille, patrie

 

A coups de triques et de torgnoles, il les a dressés à obéir

Un jour, qu’il radotait sur les vertus de la discipline, sa fille a demandé :

« Dit ? Si Pline est le jeune, c’est le fils de l’ancien ? » dans un sourire

Il se souvenait, il les a vu, femme et enfants pliés en deux par un fou rire

 

Il n’a jamais eu de fou rire. Formaté

Le fou rire c’est l’anarchie, le rire la liberté. Voûté

Les rires c’est la dissidence et la révolte, l’humanité en chacun

L’important c’est de ne pas se laisser aller à de telles faiblesses


Jamais, il n’avait ri. Il ne compris donc pas ce qui lui arrivait

Un rire s’était frayé un chemin vers la liberté.

Un éclat de rire énorme venant de nulle part brisant les digues l’avait submergé

Il ne se souvient pas de ce jour, ni des suivants. Parfois c’est triste d’entendre un fou rire !

 

Carland

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Publié dans Poésie

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N
<br /> Bonjour, et merci ! En peu de temps, c'est la 2e fois qu'un lien m'amène à votre prose (avec l'arbre de la liberté) et que l'expression me parait si belle que je me demande pourquoi je ne l'ai pas<br /> écrite. Simplement parce que je n'écris presque pas. Le reste des articles, outre les poétiques, semble en valoir la peine aussi. Bon, bref, c'est magnifique, et vous voilà marque-pagisé.<br /> <br /> <br />
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C
<br /> <br /> Que dire... Si ce n'est merci. Ces quelques mots sont la pour ceux qui leur trouve un sens.<br /> <br /> <br /> C'est pas grand chose, juste assez !<br /> <br /> <br /> Carland<br /> <br /> <br /> <br />