Finistère. ADMR 29. Le réseau sauve sa tête
Du vote de deux mesures présentées en assemblée générale, hier, à Pleyben, dépendait l'avenir immédiat de l'ADMR 29. Les deux ont été approuvées.
Depuis juillet, la gouvernance de la fédération ADMR du Finistère, placée en redressement judiciaire, s'évertue à multiplier les réunions pédagogiques auprès des 92 associations du réseau autour de deux thèmes: la péréquation et le projet de réorganisation du réseau. Hier, en assemblée générale, à laquelle les salariés de la fédération n'ont pas eu accès, ces mesures ont été soumises au vote des 80 associations habilitées à s'exprimer. Seules 46d'entre elles l'ont fait. Coupant court aux critiques de la salle sur le fond, Me Robert, administrateur judiciaire, a mis le paquet pour convaincre son auditoire. «Concernant la péréquation, si le vote est "non", il conviendrait de faire une autre proposition immédiatement. Ce serait totalement bloquant pour le commissaire aux comptes qui ne peut pas certifier nos comptes de 2009 et de 2010. Juridiquement, ça pourrait être l'enclenchement d'une procédure de dislocation du réseau. C'est une décision lourde». Du chantage, ont jugé certains. «Ces propositions ne sont pas justes mais c'est ce que nous avons trouvé de moins injuste», a appuyé la présidente, Francine L'Hour. Les associations ont ensuite voté, approuvant à 82% chaque système de péréquation.
La fédération assumera
«Pour 2009, la fédération assumera, en perte exceptionnelle, la correction faite sur les comptes des associations qui les ont arrêtés sans la péréquation». Étonnante responsabilité pour une fédération légalement autonome. Sauf à ce que le projet de réorganisation, largement contesté mais également approuvé au forceps, ne mise, à court terme, sur la liquidation de la structure (118salariés). Me Robert n'en a pas exclu l'éventualité auprès des représentants des salariés reçus en matinée. Il a, aussi, fortement insisté sur le fait que des salariés n'ont pas à se substituer aux bénévoles, malgré le vide, dans des actes de gestion des associations. «Si une association est mise en redressement judiciaire, un créancier peut demander la gestion de fait du salarié», concluait-il. Une mise en garde inquiétante et bien tardive.