Face au FMI, la Grèce nous montre la voie : les trains à l'arrêt en raison d'une grève des cheminots
Des centaines de liaisons ferroviaires ont été annulées jeudi en Grèce en raison d'une grève de 24 heures observée par la Fédération panhellénique cheminots (POS) qui proteste contre la privatisation de Trainose, la filiale transport du groupe ferroviaire public OSE.
Sur les 460 liaisons effectuées quotidiennement en Grèce, seules trois seront maintenues et le train interurbain reliant la capitale à l'aéroport international d'Athènes sera également à l'arrêt, selon la Pos.
"Nous réagissons contre le plan d'assainissement des trains annoncé la semaine dernière par le gouvernement, qui prévoit la vente de 49% de la société et la cession de la gestion de Trainose au privé", a indiqué à l'AFP Nikos Kioutsoukis, président de la POS.
Le gouvernement avait annoncé mercredi dernier un vaste programme de privatisations sur trois ans, notamment dans les secteurs des transports et de la Poste, prévoyant la vente en premier lieu de Trainose.
L'assainissement de cette société endettée (pertes d'un milliard d'euros par an et dette cumulée à 10 milliards d'euros) est prévu par le plan de rigueur, dicté par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) et adopté en mai par le Parlement, en contrepartie d'un prêt de 110 milliards d'euros pour aider la Grèce à rembourser sa dette colossale (environ 300 milliards d'euros en 2009).
"La vente prévue de Trainose, qui possède une fortune immobilière énorme, est une erreur", a souligné M. Kioutsoukis.
Le réseau ferroviaire grec reste vétuste et une seule ligne électrifiée existe, reliant Athènes au nord du pays.
Cette mobilisation s'ajoute à une série des grèves ces derniers mois des employés des transports publics et des salariés du privé et du public protestant contre les coupes salariales et la réforme des retraites annoncées par le gouvernement socialiste dans le cadre du plan de rigueur.
Des dizaines de syndicalistes du Front communiste des travailleurs (Pame) et de la puissante Fédération panhellénique des marins (PNO) empêchaient jeudi de leur côté depuis deux jours le départ du cargo battant pavillon britannique Ropax 1, du port de Corinthe en Péloponnèse (sud) à destination de l'Italie, protestant contre la libéralisation du transport maritime.
La PNO avait récemment observé plusieurs grèves et entravé le départ de paquebots et des bateaux de croisière du Pirée, principal port du pays, près d'Athènes.