Doux : Ils perdent, ils se vengent ! Procédure de licenciement engagée envers un délégué CGT
Il est l'emblématique syndicaliste du long conflit contre l'arrêt, en 2004, de la rémunération des temps de pause par le groupe volailler Doux. Raymond Gouiffès, délégué central CGT, fait l'objet d'une procédure de licenciement a-t-il annoncé, hier.
«Esprit de revanche...»
Se disant «serein», il évoque un «esprit de revanche» de la direction alors que ces temps de pause ont été déclarés comme un «avantage individuel acquis» par la Cour de cassation en 2008. Le processus d'indemnisation évalué à plusieurs millions d'euros pour le leader européen de la volaille basé à Châteaulin a d'ailleurs été lancé l'an dernier alors que ce dossier mobilise encore plusieurs conseils de prud'hommes. «Après Dominique Rio, à Vannes, que Doux n'arrive pas à faire licencier et qui ne lui propose plus de travail depuis 2004, et Michel Le Guello, licencié lors de la fermeture du site de Locminé(56), je suis le troisième délégué central CGT à qui s'en prend la direction», a-t-il estimé.
Direction: «Aucun commentaire»
Un entretien préalable au licenciement a eu lieu le 6décembre. Jeudi, veille de sa fête, Raymond Gouiffès, 57 ans, employé chez Doux Père Dodu à Quimper depuis 1996, a reçu un courrier l'informant que son licenciement était inscrit à l'ordre du jour du comité d'entreprise qui va se tenir lundi. «Ce même jour à 10h, nous sommes convoqués au tribunal d'instance de Quimper car la direction conteste la désignation d'un délégué syndical et alors que le 19 janvier, nous entrons dans les négociations annuelles sur les salaires», a-t-il annoncé. Contacté, le groupe Doux a souhaité apporter «aucun commentaire sur la situation personnelle d'un salarié».
- Jacky Hamard