comme 2003, Sarkosy/fillon et la CFDT même combat

Publié le par Carland

Est-ce l’amorce d’un changement durable dans les relations entre l’exécutif, jusque-là très attentif à la CGT, et les syndicats ? Ou une inflexion tactique destinée à "décrocher" la CFDT de l’intersyndicale qui fonctionne depuis plus de seize mois, et à compliquer ainsi le jeu des adversaires de la réforme des retraites ? Une chose est sûre : si le ministre du travail Eric Woerth avait voulu se rallier les bonnes grâces de la confédération dirigée par François Chérèque, il ne s’y serait pas pris autrement.

Presque toutes les propositions cédétistes sur les retraites ont été soit retenues, soit accueillies avec bienveillance. "Le gouvernement acte un certain nombre de problèmes que l’on a soulevés", a d’ailleurs reconnu Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT en charge des retraites, tout en regrettant "le flou" gouvernemental.

Le dispositif sur les carrières longues, négocié pied à pied en 2003 par le secrétaire général de la CFDT dans le bureau de Jean-Pierre Raffarin ? Il sera prolongé et le gouvernement "étudiera avec les partenaires sociaux les ajustements nécessaires, compte tenu de l’allongement de la durée d’activité". Cet engagement ne peut que satisfaire la CFDT qui a perdu beaucoup de plumes (des milliers de militants) en soutenant la réforme de 2003 et n’y avait gagné qu’un seul point positif, cette fameuse mesure en faveur des salariés qui ont commencé à travailler tôt.

La piste d’une réforme systémique chère à la centrale syndicale, c’est-à-dire le passage à des régimes de retraite par points ou en comptes notionnels pour rendre le système par répartition plus lisible ? Le gouvernement ne l’écarte pas "pour le long terme". "Une telle réforme pourrait permettre de rendre le système plus transparent et plus lisible (...). Toutefois, elle n’apporterait pas en elle-même de réponse aux déséquilibres financiers des régimes", précise-t-il.

Le document d’orientation est truffé de références implicites à la CFDT : qu’il s’agisse de la défense des polypensionnés, ces retraités de plus en plus nombreux qui relèvent de plusieurs régimes et se trouvent de ce fait pénalisés. D’une meilleure prise en compte de la pénibilité au travail ou encore de l’amélioration de l’emploi des seniors, des thèmes il est vrai défendus par tous les syndicats.

LA MIEUX SERVIE

D’autres organisations ont été aussi entendues : la CGT et FO sur la question du financement, la CFE-CGC sur l’idée d’un rendez-vous régulier sur les retraites. Il n’empêche, la CFDT est de loin la mieux servie. Ce n’est pas vraiment surprenant. Car si la position de la confédération sur la réforme des retraites doit être fixée à la mi-juin par le congrès, sa direction juge inéluctable l’allongement de la durée de cotisation. L’Elysée et le gouvernement ne l’ignorent pas.

Ils connaissent aussi la fragilité de l’intersyndicale CGT-CFDT-UNSA-Solidaires-FSU qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 27 mai, mais dont les différents membres, unis sur la défense de la retraite à 60 ans, ont pour le reste des positions assez éloignées. Un éclatement de l’intersyndicale servirait les intérêts du pouvoir. Et compliquerait la tâche de la CGT. Décalée sur sa gauche, la centrale se trouverait en quasi tête à tête avec la FSU et Solidaires. Il n’est pas sûr que cette perspective soit du goût de Bernard Thibault.

C. Gu. Article paru dans l’édition du 18.05.10

Lire ausi : http://www.latetocarhaix.org/article-definition-syndicalisme-jaune-les-jaunes--42732567.html

Et : http://www.latetocarhaix.org/article-cfdt--chereque-la-veritable-interview-42561884.html

Source : http://siteinfosecusante.free.fr/spip.php?article738

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Publié dans Retraites

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