Centrale au gaz. Débat explosif à Briec-de-l'Odet
Hier soir, à Briec-de-l'Odet, plus de 400 personnes ont assisté à une réunion d'information sur le projet decentrale au gaz. Élus, accueillis par des sifflets, et représentants de la société Enel ont répondu aux questions d'une salle acquise en majorité aux opposants.
Enel, premier opérateur européen
Sur la scène de l'Arthémuse, quatre groupes d'intervenants se sont succédé. Dominique Ramard, conseiller régional, a rappelé les enjeux du pacte électrique breton,arguments à l'appui. Pour les trois représentants de la société Enel, porteuse du projet à Briec, l'exercice était inédit:«C'est la première fois que nous menons un projet dans le cadre d'un appel d'offres, précisait Michel Crémieux, président d'Enel France. C'est la première fois que nous organisons une réunion d'information avant la clôture d'un appel d'offres. Cela nous oblige à dévoiler certaines informations qui peuvent intéresser nos concurrents».
Enel est l'équivalent d'EDF en Italie mais sa production n'inclut pas le nucléaire. Le groupe est ainsi devenu leader mondial sur les énergies renouvelables et le premier opérateur européen pour les centrales au gaz (28 en fonctionnement dans le monde). En France, le groupe est l'un des principaux concurrents d'EDF. Stéphane Zweguintzow, responsable du développement de la société, a tenté de démontrer l'inocuité et l'intérêt d'une centrale au gaz, non sans provoquer quelques remous dans la salle.
Un des quatre projets en lice
Le projet de centrale de Briec est l'un des quatre encore en lice dans le Finistère. L'appel d'offres sera clos le 28 décembre prochain (les autres sites sont La Martyre, Brennilis et Landivisiau). Il est prévu sur 7hectares au nord de l'usine d'incinération, le long de la quatre-voies.
Les opposants ont insisté sur le coût du projet pour la collectivité. «160 à 200millions d'euros qui pourraient être dédiés à des alternatives». Ils ont aussi estimé que le prix du gaz allait exploser avec la multiplication des centrales, avant de détailler les pollutions: 514.000 tonnes/an de CO2 annoncé par Enel, soit 3,2% des émissions bretonnes. Il restait ensuite aux cinq maires qui avaient été accueillis par des sifflets à défendre leur choix de développement pour le pays Glazik.