Carhaix : manifestation et actions

Publié le par Carland

1098386_8460401-chxmanif1-20101029-c138a.jpgMalgré les vacances scolaires et le vote de l'Assemblée, un millier de personnes a défilé hier matin, à Carhaix. Et certains veulent clairement une radicalisation du mouvement.

C'était la grande interrogation du jour, du côté des syndicats. Après l'adoption de la réforme des retraites par l'Assemblée nationale mercredi, ce nouvel appel à la mobilisation allait-il faire «pschitt»? A 10h30, heure de rassemblement donnée par les syndicats (au passage, quel intérêt pour une manif qui part à 11h passées?), la réponse semblait bien positive. Place du Champ- de-foire, quelque 200 manifestants font alors grise mine.

«Samedi sera décisif»

Une bonne demi-heure plus tard, ils sont pourtant près d'un millier, selon nos estimations. Loin des derniers rassemblements (plus de 2.000 personnes), certes. Mais pour les syndicats, on a largement évité le bouillon tant redouté. «C'est dur, parce que le mouvement est long, et que les gens ne peuvent pas, financièrement, faire grève indéfiniment. Mais la journée de samedi sera décisive», avance François-Philippe Le Coulant (CGT). Des propos prolongés par Pierre Moal (CFDT): «Aujourd'hui, c'est une belle mobilisation, mieux que ce qu'on craignait. Mais il faudra battre les scores samedi. Il faudrait même faire ville morte, fermer les commerces pour marquer le coup».

«Dire qu'on n'oubliera pas»

De toute évidence, pas de trace de résignation en tête de cortège, hier. Mais quelques mètres plus loin, le ton est tout autre. «On sait qu'ils ne bougeront plus maintenant, mais on est là pour dire à Sarko qu'on n'est pas d'accord. Et qu'on n'oubliera pas ce qui s'est passé quand il faudra voter en 2012», résume un couple de quadras venu de Poullaouen. Vers 12h, alors que le cortège se dissipe, d'autres ont choisi de passer à un autre mode d'action. A l'appel du Collectif de défense du Kreiz-Breizh, une cinquantaine de personnes investit le centre des impôts de Carhaix.

«Fini de promener les drapeaux...»

«C'est un lieu symbolique, celui de la collecte de l'argent public. On est là pour dire qu'on conteste leur redistribution des richesses dans ce pays», lance Matthieu Guillemot, pour le Collectif. Rapidement, une assemblée générale est organisée. Le collectif veut «passer au stade supérieur. On a promené les drapeaux dans les rues: c'est bien, mais le gouvernement s'en moque. Il faut maintenant radicaliser les actions». La parole tourne, la conclusion est la même pour tous: «Le centre des impôts, c'est bien pour le symbole, mais ça ne sert à rien. Il faut taper là où ça fait mal: l'économie».

Le Centre Leclerc bloqué pendant deux heures

Un vote à main levée entérine la nouvelle étape. A 13h, le groupe met le cap sur le Centre Leclerc. Quelques-uns ont renoncé en cours de route, mais une trentaine de personnes parvient à bloquer l'accès au supermarché et à son espace culturel pendant deux bonnes heures, sous l'oeil de la gendarmerie (*). Quelques clients assez remontés tenteront bien de forcer le passage, mais sans succès. Peu après 15h, le groupe lève son blocage, sans incident. La suite? Le Collectif entend multiplier les actions de ce type, et «monter en puissance» dans les prochains jours.

* La direction de l'établissement n'a pas demandé de faire lever le blocage. Sollicitée, elle n'a pas souhaité apporter de commentaire.

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Publié dans Retraites

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