Carhaix - Fesilait oranisé par l' APLI : l' avis d'un producteur Belge
Erwin Schöpges, producteur laitier belge, a pris la parole au cours de ce premier Festilait. Il donne son point de vue sur une crise européenne qui, «si le combat continue», pourrait déboucher sur un «avenir meilleur».
Rencontrez-vous en Belgique les mêmes problèmes qu'en Bretagne ?
Cette question se pose dans de nombreux pays européens. Aucun d'entre eux n'est épargné par cette crise sans précédent. On est loin d'obtenir un prix qui couvre nos frais et qui nous permettrait d'obtenir des revenus corrects dans nos fermes. Si la voie politique ne change pas d'orientation, on va se retrouver comme au Moyen Âge. Les ouvriers vont être dépendants des industriels, les agriculteurs devront travailler sur des terres qui ne leur appartiendront plus, les banques vont se construire des châteaux, toutes choses qui ne servent pas non plus les intérêts des consommateurs.
L'avenir, vous l'envisagez de quelle manière ?
C'est très simple. Soit on continue le combat en étant tous solidaires, consommateurs et producteurs de lait, montrant notre désaccord avec les décisions politiques prises, soit on laisse tout tomber. Dans ce dernier cas, les industriels et les banques vont gérer un monde dans lequel le citoyen de base n'aura plus son mot à dire. Mais le combat peut être gagné dans les prochains mois, sinon la situation sera intenable pour tous.
Vous notez tout de même des avancées significatives ?
La grève du lait marque un tournant. On a obtenu le départ de Mariann Fischer Boël, commissaire européen en charge de l'agriculture, qui défendait une politique ultralibérale. Son successeur, le Roumain Dacian Ciolos, a compris que dans un tel système, tout le monde est perdant. Il faut soutenir ce nouveau commissaire tout en le surveillant. Il faut le mettre sous pression en maintenant nos actions. S'oriente-t-on vers un prix unique du lait en Europe. Il y aura toujours des différences entre les régions, l'essentiel étant que chaque producteur obtienne un prix qui couvre ses frais, de l'ordre de 400 € les 1.000 litres actuellement.
Vous militez pour un lait équitable, déjà en rayon dans certains pays ?
Ce lait équitable est déjà en vente dans de nombreux pays européens. En achetant ce lait, le consommateur peut être sûr que, s'il paie un surplus, celui-ci arrivera dans la poche du producteur et non plus, comme auparavant, dans les caisses des industriels.