Bugaled-Breizh. La Cour d’appel de Rennes relance l'enquête. Camouflet pour le BEA mer et le parquet (video)

Publié le par Carland

Le 15 janvier 2004, le Bugaled-Breizh sombrait en Manche. Bilan : trois morts et deux disparus. Hier, l’enquête menacée de non-lieu a été relancée par la Cour d’appel de Rennes qui a nommé deux nouveaux juges d’instruction nantais : Jacky Coulon, connu pour avoir repris le dossier du double meurtre de Clarisse et Erwan à Brest, et Robert Tchalian.

 Notre dossier sur le naufrage du Bugaled-Breizh

Leur mission à la rentrée de septembre : "Demander aux autorités américaines de donner la position de leurs sous-marins nucléaires d’attaque le 15 janvier 2004, vers 12 h". La cour d’appel suit ainsi clairement l’hypothèse de l’expert sous-marinier Dominique Salles.

Dans sa dernière expertise, celui-ci avait indiqué qu’un SNA américain espionnant un transport nucléaire militaire japonais en partance de Cherbourg avait pu être présent en Manche le 15 janvier 2004. Pour se cacher des bâtiments se préparant aux exercices militaires interalliés Aswex 04 et britannique du Thursday War, le submersible américain espion serait entré en Manche le matin du 15 janvier. Là, il aurait croché dans les fûnes du Bugaled-Breizh alors en pêche, causant la perte du chalutier bigouden.

Un camouflet pour le parquet de Quimper...

Si son option va dans le sens attendu par les parties civiles, la Cour d’appel a toutefois rejeté plusieurs demandes. Exit le voeu d’enquêter encore sur la présence de trois radeaux de survie sur zone, de comprendre la panne d’enregistrement du Cross Gris-Nez juste après le naufrage ou d’auditionner la ministre de la Défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie ou de hauts responsables militaires...

Les parties civiles ont toutefois bien accueilli la poursuite de l’enquête. "Dans ce dossier, on est passé d’une force exogène à un bâtiment sous-marin, puis à un sous-marin d’attaque et enfin à un sous-marin d’attaque américain. On voit que l’étau judiciaire se resserre, l’enquête continue. C’est une bonne décision de la Cour d’appel", synthétisait Christian Bergot, avocat des familles. Une décision qui est un sérieux camouflet pour le Parquet de Quimper qui avait conclu à un accident de pêche et dont le procureur souhaitait classer l’affaire.

...et pour le BEA Mer

Même camouflet pour le Bureau Enquête Accident Mer, service du Ministère des transports, dont le très décrié rapport de novembre 2006 étayait la thèse du Parquet. La juge d’instruction de Quimper qui souhaitait clore le dossier également a, elle, été dessaisie aux motifs de son congé maternité et du souhait de la Cour d’appel de maintenir deux juges d’instruction sur le dossier. Alors que l’État prône la disparition des dits juges, il flottait hier à Rennes comme un vœu d’indépendance de la justice. Il ne desservira pas les proches des victimes du Bugaled-Breizh dans leur quête de vérité.

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article