Attaque de la flottille de la liberté : Ankara interdit son espace aérien aux vols militaires israéliens
La Turquie a interdit son espace aérien à tous les vols militaires israéliens, en réaction au raid meurtrier israélien sur un convoi maritime pour Gaza le 31 mai. "Cette décision n'a pas été prise pour un ou deux avions seulement", a souligné le ministre des affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu, cité lundi 5 juillet par la presse. M. Davugotlu a ajouté qu'elle pourrait éventuellement être élargie aux vols civils.
Les autorités turques avaient confirmé la semaine dernière la fermeture de l'espace aérien turc pour deux avions militaires mais assuré qu'il ne s'agissait pas d'une interdiction générale. "Les avions militaires sont tenus d'obtenir une autorisation de survol avant chaque déplacement. Un avion militaire [se l'est] vu refuser'", avait expliqué un diplomate turc.
Selon le journal israélien Yedioth Aharanot, il s'agissait d'un avion transportant une centaine d'officiels qui se dirigeaient vers l'ancien camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne. L'armée israélienne se serait abstenue de "toute réaction officielle pour ne pas exacerber les tensions" entre les deux pays, a expliqué le quotidien.
Le ministre des affaires étrangères turc a par ailleurs averti dimanche soir que la Turquie romprait ses liens avec Israël si l'Etat hébreu ne s'excuse pas. M. Davutoglu, cité lundi par le journal Hürriyet, a exhorté Israël à s'excuser ou à accepter les conclusions d'une commission d'enquête internationale. Sinon, a-t-il menacé, "les relations seront rompues".
Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait affirmé vendredi soir qu'Israël ne s'excuserait pas pour l'abordage dans les eaux internationales du navire turc. "Israël ne peut pas s'excuser du fait que ses soldats ont dû se défendre pour échapper à un lynchage de la part d'une foule", a affirmé le premier ministre dans une interview sur une chaîne de télévision israélienne. "Nous regrettons les pertes en vies humaines", a-t-il toutefois ajouté.
Le raid de l'armée israélienne, qui avait fait neuf morts, a porté un coup sévère aux relations entre la Turquie et Israël. Dans les jours qui ont suivi l'assaut, la Turquie a rappelé son ambassadeur, suspendu l'organisation d'exercices militaires communs avec l'Etat juif et remis en question les accords de coopération économique. Le 30 juin, pour la première fois depuis l'incident, MM. Davutoglu et Ben Eliezer (ministre du commerce israélien), se sont rencontrés dans le plus grand secret, à Bruxelles, pour tenter d'apaiser les relations entre les deux pays.