Algues vertes : un plan qui ménage les agriculteurs
Ce qui espérait un réel changement de la politique agricole en Bretagne sont des naifs.
La politique agricole est décidée par les trust de l'agri business dont le lobby le plus efficace est la FNSEA et sont pendant Costarmoricain. Ce sont donc les pollueurs de l'ago bizz qui feront leur propre police...
Chutttt... On ne va quand même pas arrêter le projet délirant de la maternité porcine de Trébrivan pour quelques algues. J'aurais l'occasion de revenir sur ce "projet"...
Donc la polution continuera et le modèle productiviste industriel sait se faire respecter ici comme ailleurs et ce n'est pas un rapport accablant du préfet des Côte d'Armor qui changera la donne....
A suivre....
Carland
Concocté [le plan] par le ministre de l'Agriculture et la secrétaire d'État à l'Écologie, il doit être publié vendredi.En voici les grandes lignes, présentées aujourd'hui en Conseil des ministres. Comme s'y était engagé le Premier ministre, François Fillon, lors de son déplacement en Bretagne, en août, le gouvernement veut engager la bataille de l'algue verte dès le printemps. Il a entre les mains un rapport interministériel qui sera publié vendredi. Aujourd'hui, les deux ministres concernés, Bruno Le Maire pour l'Agriculture et Chantal Jouanno pour l'Écologie, livreront les grandes lignes du plan en Conseil des ministres.
Au ministère de l'Agriculture, on joue la carte de la confiance dans le monde agricole, ce qui n'est pas une surprise. Fin novembre, les cinq grandes organisations agricoles bretonnes s'étaient engagées à lutter contre « le fléau ». Elles proposaient un plan d'action qui, aujourd'hui, selon un conseiller du ministère, « forme l'ossature du plan de l'État ».
Vingt centresde méthanisation
Sur les bassins versants des baies noyées sous les marées vertes, les agriculteurs s'engagent « à réhabiliter les zones naturelles ». Priorité à l'herbe et non plus au maïs. Limitation drastique des apports d'azote, considérés comme les principaux responsables de la prolifération d'algues.
L'État va définir un cadre réglementaire. Des appels d'offres seront lancés auprès des exploitations agricoles. On en compte 1 900 pour la baie de Saint-Brieuc, 200 en baie de Lannion. « L'État accompagnera financièrement le dispositif », dit-on chez Bruno Le Maire. L'ampleur des financements devrait être précisée vendredi, à Rennes, lors d'un déplacement des deux ministres.
Le plan prévoit de construire une vingtaine de petites unités de méthanisation. À partir des lisiers, fumiers et déchets de culture, ces unités produiront, outre de l'énergie, un engrais naturel, qui remplacera des tonnes d'azote minéral déversées dans les champs.
« Pas de concertation »
Les agriculteurs ont pris l'engagements de déclarer leur consommation de produits azotés et de mesurer les performances des exploitations. Apparaîtront les fermes modèles. Enfin, dans toutes ces zones à excédents structurels (Zes), l'État réaffirme qu'il y sera interdit d'augmenter le cheptel.
Les représentants des agriculteurs, selon le ministère, ont accueilli favorablement ce plan. Pour l'essentiel, c'est le leur. De leur côté, les associations écologistes se plaignaient, hier, de ne pas avoir été écoutées. « Contrairement à ce qui avait été annoncé, le gouvernement va boucler, seul, un plan sans concertation », déplore Gilles Huet, d'Eau et Rivières.
Le volet non agricole reste un peu flou. D'autres sources d'azote devront être maîtrisées : l'habitat, les installations industrielles. Le plan prévoit de développer les techniques de ramassage des algues en mer. D'aider les communes à financer le ramassage et à mettre en place, dès 2010, des plateformes de compostage. Un volet recherche est prévu. Aux scientifiques, l'algue verte n'a pas livré tous ses secrets.