Un nouveau patron pour l’AP-HP ? L’institution est en ébullition

Publié le par Carland

Benoît Leclercq sur la sellette

LA RUMEUR bruissait depuis des semaines dans le cercle fermé des directeurs d’hôpital. Le journal« Libération » a mis les pieds dans le plat jeudi dernier, en annonçant que, « de source élyséenne », le directeur général de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) était « viré ».

L’institution est en ébullition, Benoît Leclercq sur la sellette Les démentis de l’Élysée et du ministère de la Santé n’ont guère convaincu. « Le départ de Benoît Leclercq n’est plus qu’une question de temps, assure un directeur de centre hospitalier. L’exécutif lui reproche une interview au " Parisien " en janvier où il a confirmé 4 000 suppressions d’emplois. Ça n’a pas servi la cause des régionales. Pourtant, c’est l’exécutif qui lui avait demandé d’avancer sur le terrain des économies. De ce point de vue, il n’a pas démérité. »

L’AP-HP est au seuil d’une profonde restructuration. Opposés aux réorganisations qui se profilent, les syndicats de personnel ont envahi la salle du Conseil, au siège de l’AP-HP, en fin de semaine. Deux directeurs ont été séquestrés à l’hôpital Émile Roux. Le comité technique de l’établissement a été annulé vendredi, et remplacé par une réunion de crise entre syndicats de personnel et direction générale.

Benoît Leclercq sera-t-il congédié en Conseil des ministres après-demain, ou après le second tour ?

Le mouton à cinq pattes.

Certains affirment que les autorités voudraient le maintenir en poste un moment encore. « Le temps de finir le sale boulot ». Ce qui n’empêche pas les spéculations d’aller bon train concernant son éventuelle succession. Le ministère de la Santé sonde la profession depuis des semaines pour voir s’il émerge un nom à même de faire l’affaire. Diriger l’AP-HP, c’est gérer 90 000 personnes et 6 milliards d’euros de budget annuel. Une nomination stratégique, à deux ans des élections présidentielles. « Pour survivre, il faut être bon technicien, et avoir les réseaux politiques et parisiens. Le mouton à cinq pattes », lâche un directeur d’hôpital. Comme à chaque renouvellement de l’état-major de l’AP-HP, le nom du délégué général de la FHF, Gérard Vincent, est évoqué. Celui de Jean Castex, autre ancien directeur de l’hospitalisation, aussi. « Il a l’envergure, la faconde, les réseaux, mais ça ne l’intéressera pas », pronostique untel. Pas un DG de CHU ne semble faire consensus.

Hors sérail, des noms reviennent, aucun ne s’impose. Celui de Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi. Celui de Raphaël Radanne, conseiller santé de Nicolas Sarkozy, ancien IGAS – il aurait fait acte de candidature en interne, à l’Élysée. Sans faire l’unanimité, n’ayant jamais dirigé d’hôpital.

Et pourquoi pas un médecin à la tête du premier CHU de France ? Ce serait une première. Le Pr Didier Houssin, qui connaît la maison pour en avoir été le directeur médical, est cité. « Un PU-PH, ce pourrait être un coup politique pour rompre les alliances contre-nature entre les syndicats de personnel et les médecins de l’AP-HP, analyse un professionnel de santé. Ce serait une façon de donner des gages aux PU-PH, pour qu’ils acceptent cette réforme dans les tuyaux d’un éclatement de l’AP-HP en trois CHU. ». À suivre.

› DELPHINE CHARDON

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