Un facteur en CDI : ON SE FOUT DE LA LOI DIT LA POSTE

Publié le par Carland

Après huit CDD, Olivier Le Corre, facteur, a obtenu des Prud'hommes son maintien en CDI. Un jugement resté lettre morte de la part de sa direction qui a fait appel.

À
Dinéault où il assurait ses tournées jusqu'au 6février, tout le monde connaît Olivier Le Corre, facteur au centre de courrier de Châteaulin, depuis le 26janvier 2009. «Remercié» à l'issue de huit CDD (Contrats à durée déterminée) et trois avenants, il a engagé un recours devant le conseil des Prud'hommes de Vannes, afin d'être maintenu dans son emploi en CDI (Contrat à durée indéterminée).

En appel mardi à Rennes

«Le 22février, j'ai obtenu satisfaction, le juge des Prud'hommes ayant requalifié mon CDD en CDI et ordonné mon maintien dans l'emploi, avec exécution provisoire du jugement». La Poste a également été condamnée à lui verser 1.221,45 €. «Je ne cherche pas à obtenir de l'argent, je veux pouvoir travailler», réclame ce jeune père de deux enfants. «Fort du jugement des Prud'hommes, je me suis donc présenté à mon travail les 23 et 24février, mais l'entrée m'en a été refusée». C'est que la Direction du courrier de La Poste (DOTC Ouest-Bretagne) ne l'entend pas de cette oreille. «Elle a refusé d'exécuter le jugement pourtant revêtu de la forme exécutoire et déposé un recours en appel sur le fond et un second en annulation d'exécution provisoire». La cour d'appel de Rennes va donc statuer, mardi à 10h, sur l'application ou pas de l'exécution provisoire. «Si le juge confirme la décision des Prud'hommes, la direction est obligée de me maintenir dans mon emploi en CDI, mais La Poste peut encore faire appel en cassation et cela peut durer 18 mois. Et attendant, je vais vivre comment moi?», s'inquiète le facteur qui espère toutefois que La Poste revienne sur sa décision.

Rassemblement lundi

«Le cas d'Olivier est loin d'être unique», renchérit Jean-François Simon, délégué Sud PTT au centre de tri de Quimper. «Ce n'est pas la première fois que La Poste est condamnée aux Prud'hommes. Il est inadmissible qu'elle jette Olivier comme un Kleenex. Un peu partout dans l'Hexagone, elle agit en véritable négrier, ne respecte pas le Code du travail et bafoue les lois de la République», accuse le représentant de ce syndicat dont on sait qu'il n'est pas dans les habitudes d'arrondir les angles. En attendant les signatures de pétitions vont bon train. «Nous en avons obtenues 200 sur la seule commune de Dinéault, dont celle du maire, Michel Cadiou, plus d'autres encore jeudi sur le marché à Châteaulin que nous n'avons pas encore comptabilisées», revendique Olivier Le Corre. Lundi à 11h30, un rassemblement est organisé devant le bureau de poste de Châteaulin pour soutenir Olivier Le Corre et expliquer son cas. «Nous avons invité la presse nationale et rameuté nos troupes», prévient Jean-François Simon

Publié dans Services Publics

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