Toulouse : 500 personnes manifestent contre la loi LOPSSI 2 et revendiquent le droit à un habitat alternatif

Publié le par Carland

 

898521-1062172-3-d9511Environ 500 habitants de logements éphémère ou alternatifs, selon la police, se sont mobilisés samedi à Toulouse pour dénoncer la loi "Loppsi 2" en réclamant le droit de vivre dans des squats, camions, mobile-home ou yourtes, faute d'avoir accès à un logement conventionnel.

Un volet de la Loi d'orientation et de programmation sur la sécurité intérieure (Loppsi 2), examinée cette semaine à l'Assemblée, prévoit de criminaliser les habitants de logements éphémères ou alternatifs (yourtes, camions, etc...) en permettant aux préfets d'invoquer comme motif d'expulsion la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique, et faisant d'une pierre deux coups, la loi permettra également l'incrimination des habitants (passibles d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende).

Non seulement l'état ne rempli pas ses devoir envers les précaires mais avec cette loi liberticide, il se donne les moyens de sanctionner tous ceux et celles qui par choix ou par nécessité ne rentrent pas dans le cadre des normes de ce que l'état prétend faire pour le bien des personnes et qui est en fait un outil supplémentaire de contrôle social.

Au volant du camion dans lequel il vit sur un terrain agricole qu'il a acheté près de Carcassonne, Jean Tison, 31 ans, dénonce une "loi liberticide".

"Il n'y a pas d'insalubrité chez moi, j'ai des toilettes sèches, j'ai un potager, des poules et je ne dérange personne, je ne vois pas quel problème sécuritaire je pose", lance-t-il, en se situant dans une "démarche écolo".

Caroline Mahous, 25 ans, vient de trouver un travail et de déménager dans un appartement après avoir vécu plusieurs années dans un camion, se déplaçant au gré de petits boulots. Elle soutient le mouvement et, sur une pancarte, dit "Non à la pénalisation et à l'expulsion arbitraire des habitants de logements de fortune".

"L'Etat se fout du monde. Pour la plupart, ils n'ont pas choisi un habitat précaire. On manque de logements disponibles, on menace d'expulser sans avoir de solution de relogement à leur proposer", s'offusque un militant du DAL portant une chasuble au nom de son organisation. Droit au logement soutient ce "mouvement spontané qui a pris par le biais de Facebook", affirme-t-il.

La CNT, ATTAC ou l'association Halem (Habitants de logements éphémères ou mobiles) étaient représentés dans le cortège, émaillé de slogans comme "Si tu touches à ma maison, c'est la révolution", "Habitat léger ne signifie pas habitat indigne" ou "SDF, Roms, mal logés, plutôt que de les expulser, aidons-les".

Une manifestation similaire avait mobilisé mardi plusieurs centaines de personnes dans le centre de Toulouse.

En période de crise le gouvernement une fois encore par l'intermédiaire de la loi LOPPSI s'attaque aux droits des victimes d'un système économique destructeur de droits sociaux. Cette loi n'a pas pour objectif le bien commun, est est juste un instrument de plus au service de la lutte contre les pauvres engagée par les sbires de Sarkozy. Des fois que les pauvres qui habitent des logements alternatifs ne se mettent à penser un monde différent, débarrassé du capitalisme...

Publié dans Chômage & précarité

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