Retraites Le patronat de la métallurgie (UIMM) veut la peau du système de retraite

Publié le par Carland

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L’Union des industries et métiers de la métallurgie veut « remettre à plat l’architecture du financement des retraites qui a mal vieilli ». Elle propose notamment de recourir davantage à l’impôt.

Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à vouloir mettre de nouveau en débat le financement de la protection sociale. Dans son journal interne de mars, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) avance des propositions concrètes pour les retraites. Aujourd’hui, le financement de la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV) repose principalement sur les cotisations sociales (salariales et employeurs), qui représentent quelque 60 milliards d’euros, sur un peu plus de 90 milliards de produits. Viennent ensuite près de 10 milliards d’euros de CSG, qui pèsent sur l’ensemble des revenus (travail et patrimoine) et des cotisations ou prestations prises en charge par d’autres organismes : caisse des allocations familiales pour les avantages familiaux, fonds de solidarité vieillesse pour le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs, etc.

« Retour aux fondamentaux » Constatant que le gouvernement a renoncé à changer totalement les bases du système de retraite (en passant par exemple à un système de retraite par points), l’UIMM écrit que « ce choix n’en rend que plus nécessaire de remettre à plat l’architecture du financement des retraites qui a mal vieilli. Elle est devenue illisible au fil des ans, mêlant sans cohérence d’ensemble cotisations, contributions de l’Etat, taxes diverses, exonérations, avantages non contributifs, transferts multiples... » D’où cette préconisation phare : « Un retour aux fondamentaux s’impose pour clarifier et éventuellement, innover à chacun des trois étages du système de retraite : la solidarité, l’assurance, la capitalisation. »

Le patronat de la métallurgie, qui a toujours été en pointe sur le dossier des retraites, estime d’abord que le premier étage devrait être « financé exclusivement par l’impôt ». Ce « socle de droits universels fondés sur la solidarité » serait « plus large que l’actuel minimum vieillesse. Il s’adresserait à tous ceux que les accidents de la vie (maladie, chômage, précarité...) pénalisent dans leurs droits à pension ». Cela réduirait la pression sur le deuxième étage, le régime d’assurance-vieillesse, financé par les cotisations. Et cela rendrait plus acceptable les efforts demandés aux actifs pour équilibrer le régime du privé. « Il est essentiel d’éviter qu’une réforme inachevée laisse croire à ceux qui entrent dans la vie active que, demain, de nouveaux efforts leur seront demandés », écrit l’UIMM. Le troisième étage consiste en un « complément facultatif d’épargne personnel ». Une voie que l’Etat « se doit d’encourager ».

La fédération professionnelle, adhérente du Medef (mais il ne s’agit pas à ce stade des propositions que l’organisation patronale doit faire en avril), sort du bois car elle s’inquiète de voir le débat sur les retraites se focaliser uniquement sur l’élévation de l’âge légal de départ et l’allongement de la durée de cotisation. « La concertation ne saurait se limiter à doser l’acceptabilité de ces deux paramètres », souligne l’UIMM, qui rappelle l’engagement de Nicolas Sarkozy de « tout mettre sur la table sans tabou ». Pour la métallurgie, recourir davantage à l’impôt (que ce soit via la TVA ou un autre prélèvement) en garantissant clairement des droits de retraite universels permettrait de trouver plus facilement « un point d’équilibre entre l’impératif financier d’un système proche de la banqueroute et l’attachement des Français à leurs acquis sociaux, et notamment le droit à une retraite à taux plein à 60 ans ».


Source : http://www.lesechos.fr

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