Rebondissements explosifs dans l’affaire Bettencourt

Publié le par Carland

Rebondissements est au pluriel car il y en a deux :

le photographe de la dame fortunée était dans l’œil du fisc depuis 2008 (Bakchich.info)

la justice pouvait être au courant de la fraude fiscale de la dame fortunée depuis 2008 ( Marianne via Libération) puis ( Le Monde) et a transmis le bébé avec l’eau du bain au fisc Il est temps de mettre le feu sous la bouilloire. On pouvait croire que l’on savait tout, que le summum était atteint, mais c’est à où on se trompait. Du lourd, plus que lourd nous révèlent ces quatre sites. Vous remarquerez qu’aucun des grands journaux ne révèlent plus rien depuis longtemps. Un peu Libération, de temps en temps. Mais sans Médiapart, tout s’étouffait, comme dans la cuisine au faitout.

On sait que dans les enregistrements certains personnages apparaissent notamment : Woerth, Sarkozy, le juge Courroye et Marin. Tout ceci laisse supposer de belle collusion, collusion avec la justice, collusion avec une des plus grandes fortunes de France, la plus grande en fait.

Woerth nous déclare d’abord qu’il ne connaît pas Maistre. On découvre bientôt qu’il lui remet une breloque et que celui-ci aurait engagé son épouse à sa demande.

Posons un préalable : Woerth et Sarkozy sont très proches. Woerth est trésorier de l’UMP dont l’ex et nouveau patron s’appelle Nicolas Sarkozy. Woerth a été le trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy. La femme d’Imad Lahoud a été la directrice de cabinet de Woerth. De tout ceci on peut supposer que l’information circule parfaitement entre les deux.

On peut présupposer que Woerth connaît l’affaire qui oppose la fille à la mère fortunée étant donné que toute la presse en parle et que la fortunée a fiancé au moins la campagne de Pécresse et celle de Woerth. On peut supposer qu’elle a financé et finance l’UMP. On peut supposer que Woerth la connait et de ce fait n’a pas pu passer à côté du nom du photographe milliardaire amoureux des îles. On peut supposer que la dame fortunée, selon les conversations enregistrées a remis trois chèques, chèques pour lesquels la presse n’est pas curieuse. Il y en a un possiblement adressé à Nicolas Sarkozy (« c’est fait c’est dedans » nous dit le conseiller à frauder en parlant du chèque pour Sarkozy). A propos de ce dernier la presse très discrète, Médiapart n’a pas réussi à en savoir plus : Selon les enregistrements clandestins de Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt révélés par Mediapart, trois chèques auraient pour bénéficiaires Nicolas Sarkozy, Eric Woerth et Valérie Pécresse. Depuis huit jours, les explications avancées sont confuses et divergentes. Mediapart a interrogé de manière détaillée l’exécutif et les responsables de l’UMP sur l’existence et le cadre légal de tels financements. De lourdes interrogations demeurent. Les choses sont claires : elles ne sont pas clarifiées !

Dans ce climat hallucinant Bakchich soulève un beau lièvre qui porte le nom du photographe avec un chasseur peu pressé du nom de Woerth :

Durant l’hiver 2008, les Allemands fournissaient à Bercy une liste de cinq cents Français « touristes fiscaux » au Liechtenstein. Parmi eux, comme Bakchich devait le révéler le 15 mars 2008, figuraient David Douillet et François-Marie Banier. Le premier, qui déposa plainte contre notre site, fut condamné à nous verser 3 000 euros (ce qu’il n’a toujours pas fait). Le second se fit plus discret.

En effet, le ministère des Finances décida, début 2008, d’éplucher les comptes de deux cents de ces contribuables suspects, dont ceux de François-Marie Banier.

L’ensemble de son dossier fut donc transféré de la perception du VIe arrondissement, où réside le photographe, à la Direction nationale des vérifications des situations fiscales (DNVSF). Sous ce sigle, se cachent les plus fins limiers du fisc, connus pour passer au scalpel les fortunes des particuliers.

Un vérificateur, D.C., réceptionna le dossier de Banier. Lequel dossier n’a toujours pas réintégré, deux ans après, les armoires des contrôleurs du VIe arrondissement. Un enterrement fiscal est si vite arrivé.

ECLAIRAGE

Passionnante est la lecture, sous cet éclairage, de certains échanges entre Liliane Bettencourt et ses conseillers, publiés par nos excellents confrères de Mediapart.

Qu’y apprend-on  ? Le 7 avril 2009, Patrice de Maistre, « l’expert » ès évasion, explique à la milliardaire  : « Banier vous a fait mettre l’île d’Arros dans une fondation pour lui (…) Banier vous a pris 20 millions pour les mettre dans une nouvelle fondation », apparemment au Liechtenstein.

Plus tard, le 23 octobre 2009, le même Patrice de Maistre expliquait à la milliardaire  : « Il serait bien que vous récupériez officiellement votre île d’Arros. Vous savez que cela appartient au Liechtenstein. »

Autant de tractations illégales, passibles du délit de blanchiment, d’après un arrêt de la Cour de cassation de février 2008, que le fisc connaît fatalement, après deux ans d’enquêtes sous l’autorité d’Éric Woerth.

Un peu gênant, alors que l’épouse du ministre a conseillé la milliardaire pour la gestion de son patrimoine. Tout récemment, Nicolas Sarkozy a convoqué son ministre. Le chef de l’État, paraît-il, est sorti fort inquiet de cet entretien. On le serait à moins  !

Hallucinant non ? Qui était à Bercy en 2009 ? Woerth, cela vous dit quelque chose ? Un tel dossier pouvait-il ne pas passer entre les mains de ce même Woerth ? Le fait que le nom du photographe apparaisse cela n’entraînerait-il pas légitimement de la curiosité du fisc en direction de la donnatrice ? Par précaution le ministre ne devrait-il pas demander à son épouse de s’éloigner de ce foyer fiscal sulfureux ? Il paraît très très difficile à Eric Woerth de dire maintenant qu’il ignorait tout de cette affaire du photographe. Il apparaît ensuite, sauf à faire une insulte à son intelligence - mais peut-être que comme Lagardaire qui s’est mis 1 milliard d’euros dans la poche avec EADS il dira qu’il préfère passer pour bête plutôt que malhonnête, quoique l’un n’ait jamais empêché l’autre et vice-versa - (ah tiens, j’allais oublier la suprême défense : ai-je une tête à... c’est une sorte de discrimination positive, une anti-chasse au faciès. Il faudra nous y faire à partir d’aujourd’hui les escrocs mettent un gyrophare sur la tête et des klaxons sous les aisselles, afin qu’on les repère de loin. Ce sera plus facile à l’avenir. Remarquez Lagarde nous avait fait le coup. Avait-elle une tête à enrichir Tapie ? Et moi je vous la pose la question.) tout aussi difficile de penser qu’il ne pouvait pas regarder de plus prêt ce qui se tramait dans les hautes sphères de l’actionnariat neuillyois de l’Oréal.

Le second lièvre tout autant renversant, qui est la seconde mâchoire de la pince de laquelle il sera difficile à Woerth et Sarkozy de s’échapper est cette autre révélation de Marianne :

Le parquet de Nanterre était au courant de possibles fraudes fiscales de la milliardaire Liliane Bettencourt depuis 2008 mais n’a pas alerté le fisc et n’a pas déclenché d’enquête sur cette affaire, affirme l’hebdomadaire Marianne dans un article à paraître samedi.

Sollicité par l’AFP, le parquet de Nanterre, dirigé par le procureur Philippe Courroye, n’avait pu être joint vendredi midi.

Selon Marianne, qui s’appuie sur une série de pièces figurant dans l’enquête préliminaire ouverte à la suite de la plainte de Françoise Bettencourt-Meyers contre l’artiste François-Marie Banier, le parquet « avait entre ses mains, dès mars 2008, tous les éléments nécessaires pour alerter l’administration fiscale et déclencher une enquête ».

Parmi ces pièces : une lettre de François-Marie Banier à la milliardaire, datée du 19 mai 2005 et consignée au dossier le 4 mars 2008, faisant référence à l’île d’Arros, aux Seychelles, que la milliardaire aurait possédé sans la déclarer à l’administration fiscale française.

« C’est moi qui vous ai fait connaître d’Arros, c’est moi qui vous ai fait connaître cet endroit idyllique. Et vous refusez que j’y vienne quinze jours avec P., M. et D. (…) Je suis profondément triste de votre attitude », écrit l’artiste dans cette lettre, dont Marianne publie un extrait. Il y parle aussi de cette île « que je vous ai fait acheter ».

Or selon l’hebdomadaire, qui publie également un extrait de la déclaration d’impôt sur la fortune (ISF) 2007 de Mme Bettencourt, cette île n’était pas mentionnée dans les déclarations fiscales de l’héritière versées au dossier.

« L’autorité judiciaire a préféré fermer les yeux. Du coup, le fisc aussi », en conclut Marianne, indiquant que le parquet avait l’obligation légale, sur la base de ces éléments, de « saisir le fisc pour que celui-ci lance une enquête ».

Contacté par l’AFP, l’avocat de Liliane Bettencourt, Me Georges Kiejman, n’a pas pu confirmer si sa cliente était bel et bien propriétaire de l’île d’Arros, ni si des documents concernant cette île avaient été portés à la connaissance du parquet de Nanterre.

« Tout le monde a toujours su qu’elle allait régulièrement sur l’île d’Arros. Mais ça m’étonnerait qu’elle en soit la propriétaire », a assuré Me Kiejman, en précisant ne pas connaître « le dossier par coeur ».

Vous voyez pourquoi je parlais des liens proches Woerh Sarkpzy. Il est inimaginable, mais on ne sait jamais, que Sarkozy n’ait pas été informé de ce dossier, aussi inimaginable que Maistre disait qu’Ouart - amusant cela se prononce couard - était au courant de l’affaire et la suivait de près, Ouart qu’il a rencontré plusieurs fois, dont une dernière à la demande de ce dernier, Ouart qui déclarait que Sarkozy suivait de près, lui aussi, cette affaire et que si cela dérapait, il connaissait bien le procureur.

Cependant il n’y a même pas besoin de se poser ce genre de question. Courroye mis en cause répond et là c’est la bombe atomique (Le Monde) : Le parquet de Nanterre avait alerté l’administration fiscale en janvier 2009 sur de possibles fraudes fiscales de la milliardaire Liliane Bettencourt, a déclaré vendredi 25 juin le procureur Philippe Courroye. Le magistrat a ainsi en partie confirmé les informations de l’hebdomadaire Marianne, qui affirme, dans un article à paraître samedi 26 juin, que le parquet de Nanterre était au courant de possibles fraudes fiscales de la milliardaire depuis 2008. L’hebdomadaire affirme lui que le parquet avait décidé de ne pas alerter le fisc et avait "préféré fermer les yeux" en ne déclenchant pas d’enquête sur cette affaire.

"L’administration fiscale avait été prévenue le 9 janvier 2009 du fait que ce dossier était susceptible de mettre en évidence des éléments de fraude fiscale", a dit Philippe Courroye en précisant que cette démarche avait été réalisée "conformément à l’article L 101" du livre des procédures fiscales. "L’administration a eu connaissance de l’ensemble des pièces du dossier. Rien n’a été occulté", a précisé le procureur, en ajoutant que le parquet ne pouvait décider seul de se saisir d’un fait de fraude fiscale.

Avec ce second élément on ne voit pas comment Woerth va pouvoir s’expliquer et s’en sortir. Cela veut dire que tous les solidaires de Woerth vont aussi devoir s’expliquer.

A l’affaire d’Etat que fut Clearstream par les inteventions de l’Elysée dans un dossier judiciaire, celle de Karachi qui est un des plus gros scandale des 100 dernières années, celui-ci vient couronner le tout :
intervention dans la justice (avec le même Ouart que dans Clearstream)
connaissance de fraude fiscale transmise sans suite à ce jour
un ministre du budget qui dit tout ignorer de la possible fraude de la dame fortunée avec sa femme qui travaille pour elle alors que ce dossier est transmis en janvier 2009 à son ministère
amitiés sulfureuses entre un ministre, trésorier d’un parti majoritaire et d’un gestionnaire spécialiste es-fraude fiscale.

On n’ose même plus imaginer où l’on va. On peut même prendre peur quand Guillon et Porte se font chasser comme des malpropres, quand l’Elysée intervient dans le rachat du Monde, quand un journaliste de FR3 se fait claquer et qu’on veut lui arracher sa caméra car il filme un jeune se faire arrêter lors du passage mystère de Sarkozy en zone difficile, quand dans les priorités ce même Sarkozy invite en lieu et place d’une association humanitaire d’importance un footballeur (à la demande de Sarkozy et non l’inverse comme veut le faire croire l’Elysée - il lui envoie comme à un Prince une voiture pour l’aller prendre à l’aéroport - , croyant que nous sommes des abrutis de première et que cette demande d’états généraux de football comme dans les pires républiques bananières, va nous détourner de ce qui compte : le chômage, les retraites, l’insécurité, les scandales majeurs (Woerth, la justice, Karachi etc)) qui a triché, qui n’est ni capitaine, ni buteur, ni bien sûr entraineur pas plus que président ni de club ni de la fédération.

L’accumulation des affaires ces deux derniers mois est vertigineuse. La question est de savoir si on peut faire pire.

Est-ce qu’enfin tout va péter ?

Source :http://www.agoravox.fr/tribune-libr...

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