Pôle emploi : le stratégie de destruction (correspondance de Bretagne)

Publié le par Carland

Je suis délégué syndical CGT au Pole emploi Bretagne et je souhaite porter à votre connaissance l’efficience avec laquelle le gouvernement et ses disciples gestionnaires du Pole emploi national brisent un service public et conséquemment ses composantes humaines.

Le pole emploi est issu d’une fusion des ASSEDIC et de l’ANPE qui date de décembre 2008. Dans la foulée de la grande braderie des services publics, Nicolas Sarkozy, à l’assaut de toute structure un tant soit peu socialisée, en est le grand ordonnateur comme dans bien d’autres secteurs (santé, éducation, énergie, sécurité sociale, etc.).

Depuis 2008, au-delà de la façade de l’accès facilité pour le chômeur sur un seul opérateur (pole emploi), c’est d’un véritable monstre bureaucratique qu’a accouché cette fusion. Des personnels désemparés, et bien des drames allant jusqu’aux tentatives de suicide et leur concrétisation pour certaines d’entre elles. Des chômeurs déboussolés à la recherche d’un service ou d’une aide qui, bien souvent, n’aboutit à rien compte tenu des « portefeuilles » surabondants dont les conseillers sont dotés (en moyenne plus de 200 demandeurs par agent).

De plus en plus, le gouvernement décline sa stratégie de privatisation de ce service public au travers de la présence exponentielle d’opérateurs privés avides de la manne financière que représentent essentiellement les cotisations des salariés (plusieurs milliards d’euros). Un énième cadeau que le pouvoir offre au Medef grand pourvoyeur d’idées de la politique qu’il doit mener, si tant est que ce pouvoir en ait besoin. Les frères d’armes du capitalisme se soutiennent.

Dernièrement, il nous a été annoncé que 1800 postes seraient sacrifiés, en 2011, sur l’autel de » l’austérité », dont 1500 contrats à durée déterminée, ainsi que 300 CDI (et ce n’est qu’un début à notre avis).

L’heure est grave en effet. Nous tentons de mobiliser un maximum d’agents des Pole emploi pour créer un rapport de force suffisant et faire reculer cette stratégie de destruction et de reconstruction constitutive d’un bond en arrière social gigantesque.

Nous avons dernièrement rendu visite en nombre à notre Direction générale à Paris, avec un maximum de grévistes restés dans les provinces (50% environ). Aucune réaction du Directeur général, ou plutôt si : « les gardes mobiles qui nous attendaient et qui n’ont pas hésité à nous molester ».

Cela dit, nous ne renonçons pas car il ne faut jamais renoncer quand plane au dessus de nos têtes l’appauvrissement généralisé, si ce n’est déjà fait.

L’individualité a son importance dans nos combats. C’est à ce titre que je tiens à porter à votre connaissance un cas d’espèce significatif de la cruauté de la politique menée au sein de notre Pole emploi Bretagne, en l’occurrence.

Une collègue, âgée de 57 ans, sous contrat à durée déterminée, sans discontinuité, depuis 7 années, a été éjectée au 01/11/2010, sans coup férir, sans vergogne, de son site de Loudéac, après autant de temps à distiller son énergie au service des chômeurs, sur un poste équivalent des titulaires.

Depuis le 01/11/2010, avec un courage exemplaire, elle occupe (sans salaire bien évidemment car son contrat est arrivé à terme) les locaux de Loudéac, accompagnée de militants et syndiqués de toute obédience syndicale.

A ce jour, nous ne rencontrons que mépris des Directions régionale et nationale.

Dernièrement une lueur d’espoir objectivait notre optimisme naturel et militant au travers de l’intervention du sénateur Kerdraon, des Cotes d’Armor (PS), qui était intervenu auprès du cabinet de Xavier Bertrand et avait obtenu un rendez-vous auprès de la chef de cabinet de ce dernier. Malheureusement annulation de dernière minute !!

Mais nous ne lâchons pas l’affaire car il y va de la dignité d’une femme dont la seule faute aux yeux de nos dirigeants est d’exister. On ne peut que résumer ainsi le comportement de ces nouveaux prédateurs (car ils ne se cachent plus), aux yeux desquels, seul le profit maximum et ses prétextes  n’ont de valeur, fut-ce au détriment de la vie elle-même.

C’est le cas au Pole emploi Bretagne, à Loudéac !

Jean Pietron

Source : http://www.humanite.fr/07_12_2010-p%C3%B4le-emploi-le-strat%C3%A9gie-de-destruction-correspondance-de-bretagne-459462

Publié dans Chômage & précarité

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