Poissy : MENACES SUR LE DROIT A L’AVORTEMENT

Publié le par Carland

MENACES SUR LE DROIT A L’AVORTEMENT FEMMES EN DANGER ! LE GOUVERNEMENT PIÉTINE LA SANTÉ PUBLIQUE ! Le gouvernement, par l’action de Mme Bachelot et la loi HPST (Hôpital Patient, Santé Territoire) accélère la casse de la santé publique, de notre santé. Cette restructuration n’est guidée que par la rentabilité économique. Dans cette optique, les CIVG (Centres d’Interruption Volontaire de Grossesse) et les maternités sont particulièrement touchés. Les femmes, de nouveau, sont obligées de se battre pour préserver et garder les droits qu’elles ont acquis de haute lutte. Des postes de personnels médicaux et para-médicaux sont supprimés, des établissements de santé et des activités regroupés, cela dans le mépris total des professionnels de santé et des usagers. Depuis mai 2009, les CIVG des hôpitaux Broussais, Jean Rostand et Tenon ont fermé. Les femmes qui, auparavant, avortaient à Tenon sont donc désormais orientées vers l’hôpital Saint-Antoine. L’AP-HP prévoit de fermer la maternité de Saint-Antoine d’ici 2011. A cette date, les femmes qui avortaient à Tenon (environ 500 par an) et à Saint-Antoine (environ 650 par an) seront dirigées vers l’hôpital Trousseau, sans aucun financement ni poste supplémentaire. Comment maintenir une offre de soins de qualité dans ces conditions ? D’autres centres sont menacés tels que celui d’Avicenne et celui de Poissy St-Germain-en-Laye. A la suite des actions menées pour la réouverture du centre d’IVG de Tenon et des protestations devant l’absence d’information des femmes concernées, le directeur de l’hôpital a fait appel à deux infirmières retraitées qui assurent à temps partiel un travail de réorientation des femmes vers d’autres hôpitaux. Les délais de prise en charge s‘allongent encore. Nous ne pouvons ni tolérer ni accepter cette politique. C’est un recul considérable pour les droits des femmes à disposer de leur corps. La suppression des CIVG autonomes et des unités fonctionnelles d’IVG avec du personnel et des locaux dédiés, conduit à noyer cette pratique dans les services de gynéco-obstétrique dont l’IVG est parfois la dernière des préoccupations, et en finir ainsi avec des équipes militantes et motivées, en réintégrant l’IVG dans le « droit commun » hospitalier. Les femmes doivent pouvoir choisir entre l’IVG médicamenteuse et l’IVG chirurgicale. Par ailleurs, l’IVG médicamenteuse en ville ne doit pas supporter les carences de l’hôpital. De plus, l’absence de tiers payant exclut des femmes. Les traditionnels opposants au droit à l’avortement ne peuvent que se réjouir du démantèlement de l’hôpital public.

Construisons un large mouvement pour résister au saccage de l’hôpital public et pour maintenir l’accès aux soins pour toutes et tous, Pour le maintien du droit à l’avortement dans des structures adaptées Un Rassemblement a eu lieu devant la direction générale de l’AP-HP Paris le 18 mars 2010.Signataires : ANCIC – CADAC – Collectif unitaire du XXè – Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité – Planning Familial - Sud Santé Sociaux – Touche pas aux Bluets – CGT - Collectif national contre les franchises, pour l’accès aux soins partout et pour tous et pour une sécurité sociale solidaire -

Et aujourd’hui nous ne pouvons tolérer que des « prières » publiques provocatrices soient faites par SOS tout petits contre le droit à l’IVG, comme à Poissy, car leur objectif c’est de casser nos droits et de revenir 35 ans en arrière ! Et à POISSY-Saint Germain ?

Que va devenir le service Orthogénie (chargé des Interruptions Volontaires de Grossesse) de l’hôpital de St Germain ? C’est pour couper court aux rumeurs de fermeture pure et simple que M. Chodorge, directeur de l’hôpital, a expliqué le projet de réorganisation à venir, le mardi 9 mars lors d’une réunion à Poissy .

Situation actuelle

Actuellement, l’ensemble des activités de ce service se déroule sur le pôle de St Germain. L’unité Orthogénie est composée de 2 médecins à temps partiel, une sage-femme, une aide-soignante, une ASH (Agent des Services Hospitaliers), une secrétaire médicale et 4 demi-journées de conseil conjugal. En 2009, ce service a réalisé 1413 IVG (913 IVG médicamenteuses et 500 par aspiration chirurgicale dont 6 sous anesthésie générale). Ce chiffre représente la moitié des IVG du département. Il s’explique par le profond attachement de personnel de l’unité au respect des droits des patientes : acceptation des mineures sans accord parental, IVG jusqu’à 14 semaines après l’absence des règles. Les autres hôpitaux et cliniques du département sont moins scrupuleux à respecter la loi et n’hésitent pas à refuser les demandes dépassant les 10 semaines. L’hôpital de St Germain récupère donc la plupart des IVG tardives et les demandes des mineures.

La réorganisation prévue

A partir du 2 avril prochain, l’unité sera éclatée sur 2 sites : la prise de rendez-vous pour les consultations médicales et d’anesthésie, les IVG médicamenteuses se dérouleront toujours sur le pôle de St Germain. Les IVG chirurgicales se dérouleront en revanche au pôle de Poissy.

Le 8 mars, le Dr Eliane Missey-Kolb a démissionné de ses fonctions pour protester contre cette réorganisation. Dans son courrier adressé à la ministre de la santé Mme Bachelot, cette militante dénonce les conditions plus difficiles d’exercice du fait de l’attribution d’un échographe à un autre service et de la suppression fin octobre 2009 d’un poste d’infirmière. Selon elle, le service n’a désormais plus les moyens humains de poursuivre correctement sa tâche.

Désormais, Dr Annie Brûlé assurera l’ensemble des consultations et les aspirations sous anesthésie locale à St Germain. Les IVG sous anesthésie générale seront faites par l’équipe gynécologie de Poissy. Le Dr Brûlé demande la formation urgente d’internes à la pratique des IVG. Cette réorganisation doit être transitoire, dans l’attente d’un pôle unique à l’hôpital de Chambourcy d’ici 5 ans.

Si le souci de différencier le parcours d’une patiente allant subir une IVG d’une patiente allant accoucher est conservé par respect de la confidentialité des patientes, cet éclatement sur deux pôles soulève d’autres problèmes : le travail devient donc plus lourd pour le médecin qui pratique les actes chirurgicaux et la prise en charge des patientes en amont et en aval est plus difficile. Le personnel composant l’unité fait remarquer le manque de démocratie au niveau du pôle. Ainsi, les demandes de réunion de pôle sur l’initiative du personnel du service restent sans réponse de la part du médecin chef de pôle.

Vigilance nécessaire Même si le directeur assure que l’accès aux IVG médicamenteuses et chirurgicales perdurera, on ne peut s’empêcher de lier la situation de ce service à Poissy – St Germain de celles des autres services IVG en France. Les fermetures augmentent, le budget des plannings familiaux est réduit de moitié et l’association anti-avortement « « SOS tout-petits » relève la tête... Tout ceci contribue à fragiliser le droit à l’avortement durement acquis.

Un réseau de vigilance, composé d’associations, syndicats, partis et citoyens, s’est constitué 9 mars 2010 à Poissy, rejoignez le !

Il se réunira à nouveau vers le 15 avril pour évaluer les premières conséquences de la réorganisation du service.

Contact pour le collectif - 06 22 66 15 95 – 06 74 92 20 24 - ldh.poissy@free.fr

Source : http://siteinfosecusante.free.fr/spip.php?article544

Publié dans Santé

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