Manifestation des pompiers le 16 juillet à Nice : scandaleux comportement des autorités !

Publié le par Carland

Ce vendredi 16 juillet, les pompiers des Alpes-Maritimes ont voulu exercer leurs droits de manifestation et d’expression, pour protester contre la réforme des retraites brutale et autoritaire du trio Woerth-Sarkozy-Fillon. Dans leurs uniformes de travail, ils ont d’abord manifesté devant la mairie puis devant la préfecture située à quelques rues de là. Devant le refus de tout dialogue social des autorités et malgré l’impressionnant dispositif policier mobilisé pour les disperser, ils sont ensuite allés bloquer le passage de tram sur la place Massena, avant d’y être rejoints par les policiers et les CRS qui les ont violemment chargés.

Lors de cet assaut, trois pompiers (ainsi que quatre policiers) ont été blessés et conduits aux services d’urgences par leurs camarades, cinq responsables syndicaux ont été embarqués par la police et placés en garde à vue pour violence (ils ont ensuite été relâchés dans l’après-midi), dont le président de la Fédération Autonome des Sapeurs-Pompiers, André Goretti.

Alors que les pompiers sont en grève symbolique depuis la mi-juin, leur mouvement, comme celui de l’ensemble des salariés du public et du privé qui manifestent depuis des mois contre la réforme brutale et autoritaire des retraites, n’est pas entendu. Le régime Sarkozy-Fillon choisit la violence contre les soldats du feu et les protecteurs des vies humaines, pour ne pas répondre à leurs revendications et leur dénier le droit même de protester. Il peut compter sur le soutien sans faille de ses sbires locaux, le cumulard Christian Estrosi (maire de Nice, président de la Communauté d’Agglomération Nice-Côte d’Azur, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi), son émincence grise Eric Ciotti (député, président du Conseil Général des Alpes-Maritimes, monsieur "sécurité" à l’UMP), et bien sûr l’immanquable préfet Francis Lamy, spécialiste (entre autres choses) de l’expulsion des sans-papiers dans le département.

“Une manifestation illégale” ont donc clamé comme un seul homme dans leur conférence de presse Estrosi , Ciotti et le préfet, bras armé du gouvernement. Illégale car non déclarée. Il est vrai que dans les Alpes-Maritimes, beaucoup de choses sont "illégales" dès lors qu’elles gênent le pouvoir : ainsi, il a été successivement "illégal" pour des lycéens de manifester contre la réforme Darcos, "illégal" de manifester contre l’agression israélienne à Gaza, "illégal" de manifester en portant un masque de Sarkozy, "illégal" pour les centaines de sans-papiers venus de tout le pays de marcher sur la promenade des Anglais lors du sommet Françafrique.

Heureusement que notre gouvernement est irréprochable en matière d’entorses à la loi, comme le montrent le scandales des affaires "Bettencourt" et la double casquette de ministre du budget et de trésorier de l’UMP d’Eric Woerth. Christian Estrosi est lui carrément exemplaire. Estrosi ? L’homme du gouvernement, l’ami des amis de Mme Bettencourt, l’homme qui a dépensé plus de 138 000 euros pour faire un aller-retour Washington-Paris en avion pour boire un pot à l’Elysée aux frais du contribuable, l’homme qui dispose de deux logements de fonction sur Paris, l’homme qui cumule toutes les casquettes et qui veut régner en maître sur le département et sur Nice. Et ce sont les mêmes aujourd’hui qui crient à l’illégalité ? Les mêmes qui nous disent aujourd’hui que s’il y a des blessés chez les pompiers, c’était de la faute des pompiers eux-mêmes, pas des autorités qui ont décidé de lâcher sur eux un impressionnant dispositif policier ?

Rappelons que les pompiers sont en grève symbolique depuis la mi-juin car, comme les professions de la santé, ils assurent la sécurité et sauvent les vies de personnes (comme celles des policiers et leurs familles, par exemple). Tâche qui est une question vitale pour une société, mais qui ne saurait leur interdire de manifester leur opposition aux réformes du gouvernement.

Ils revendiquent la reconnaissance de la pénibilité de leur métier et le droit de partir en retraite plus tôt. La violence de Sarkozy et de son gouvernement vise à refuser ce droit et criminaliser les protestations des travailleurs.

Comme beaucoup d’autres professions opposées aux réformes du gouvernement, leur lutte est malheureusement isolée et fait la preuve de ses limites. Force est de constater que seul un mouvement unifié toutes et tous ensembles, par une grève reconductible avec occupations généralisées de tous les lieux de travail, peut faire reculer le gouvernement au service des banquiers et des financiers capitalistes.

Mais ce tous ensemble ne nous fait pas oublier la nécessaire solidarité avec les pompiers en attendant.

C’est pourquoi le comité NPA de Nice se déclare pleinement solidaire des pompiers, dénonce l’utilisation honteuse de la police contre des travailleurs, et exige le respect des droits de manifestation, d’expression et de circulation partout dans notre pays et en particulier dans les Alpes-Maritimes, département-laboratoire des dérives sécuritaires du sarkozysme et des régressions démocratiques et sociales qui les accompagnent immanquablement.

Source : http://npa06nice.free.fr/spip.php?article219

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