Mais qui a laissé crevé Sea France

Publié le par Carland

Sea_France-6f7ce.jpg"Sauver l’emploi" reste le mot d’ordre à la direction parisienne de la CFDT lundi 9 janvier alors que la rupture semble consommée avec la CFDT de SeaFrance, comme l’a confirmé François Chérèque sur RTL : "Je serai certainement amené dans les jours qui viennent à proposer leur exclusion de la CFDT". Le secrétaire général de la confédération venait de dire sa honte du comportement de la CFDT de l’entreprise dont "l’entêtement" n’est pas "favorable à l’emploi".

On peut être contre la CFDT, syndicat réformiste, contre le comportement de la CFDT Sea France, contre sa gestion des structures représentatives du personnel, contre son attitude face aux délégués CGT, contre sa volonté à capitaliser le rachat de l’outil de production par les salariés via une SCOP…

Mais peut-on blâmer des syndicalistes qui ont fait trembler ce gouvernement à la solde du patronat et l’actionnaire principal qu’est la SNCF ?

Mais peut-on comprendre que le secrétaire régional et le secrétaire confédéral puissent les lâcher sur un simple coup de fil venant du gouvernement ?

Peut-on être contre des syndicalistes qui ont tentés de sauver près de 1600 emplois directs ou indirects à Calais ?

La CGT n’est pas le syndicat majoritaire à Sea France, tout comme la CGT à Continental Clairoix. Personne, sauf un article dans la presse régionale il y a quelques jours, n’a entendu la CGT Sea France s’exprimait. Même la CGT départementale du Pas de Calais est restée muette, engluée dans ses contradictions avec ses bases et son opposition à toute forme de luttes interprofessionnelles.

La différence est là, car même minoritaire, la CGT et son délégué charismatique, Xavier Matthieu et l’UL CGT de Compiègne, ont su prendre les choses en main.

Certes, les salariés ont été licenciés, l’usine a fermé…les camarades sont face à des décisions de justice infâmes… mais au moins ils ont lutté et obtenu des indemnités supra légales.

Alors, on peut s’imaginer et se projeter dans un scénario qui aurait pu se mettre en place pour éviter les milliers de licenciements.

On peut s’imaginer la puissance et l’impact d’une mobilisation générale qui auraient été organisés par les confédérations syndicales pour défendre les emplois et les moyens de productions… autant à Clairoix qu’à Calais.

On peut s’imaginer la solidarité dans la lutte, notamment des organisations syndicales CGT et CFDT de la SNCF, des fédérations de transport et de marin.

Mais rien n’a été déclenché pour contrarier l’actionnaire principal qu’est la SNCF qui a volontairement opté pour la fin de Sea France… et pourtant que de moyens avions-nous pour les contraindre, et que de capacités de mise en contradiction de l’Etat avons-nous gâché...

Alors on peut blâmer, insulter, dénigrer, exclure…ceux qui se sont battus avec leur niveau de conscience, mais c’est trop facile quand on a pas mis tous les moyens possible pour lutter. Les responsables ne sont pas les syndicalistes, même avec des défauts, de la CFDT de Sea France mis en avant par les média et le gouvernement, mais les confédérations syndicales CFDT et autres, qui n’ont pas su créer le rapport de force nécessaire et la solidarité dans la lutte. L’ennemi des travailleurs est la direction de Sea France, aux ordres de la SNCF, aux ordres du gouvernement, aux ordres du Medef.

Maintenant, on peut s’attendre à un score fleuve du FN dans le Calaisis (déjà bien implanté) qui va s’appuyer sur les salariés « étrangers » employés dans les autres compagnies maritimes de transports… et qui « prennent l’emploi des travailleurs français malmenés par la SNCF et les syndicats collaborateurs du Medef et de l’Europe »

UN SYNDICALISTE CGT DU PAS DE CALAIS

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article124129

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