Liliane B., nouvelle marraine des pièces jaunes ?

Publié le par Carland

Par Dédé Lajoie, vendredi 9 juillet 201 sur bravepatrie.com 

Alors que la France essaie d’oublier la grève des Bleus, un mois de juin pourri et se passionne pour les joies simples des vacances, des hommes et des femmes de biens se battent pour préserver les valeurs qui comptent : l’entraide, la solidarité, l’audace dans les plans sociaux.

En 2007, Liliane B., paisible et discrète habitante de Neuilly-sur-Seine, cherche à aider son pays. Les temps sont durs : l’hydre villepino-bayrouiste menace la France éveillée qui se lève encore tôt. Liliane B. ne veut pas non plus voir les FARC cégétistes du 93 débarquer dans sa belle ville pour y conduire sans casque leurs scooters volés ou faire impunément sécher leurs polos Sergio Tacchini aux fenêtres des logements sociaux.

Comme tous les gens de bien qui en ont — des biens — elle est entourée d’amis qui l’aiment vraiment pour de vrai. Au cours d’un barbecue facebook Liliane B. rencontre le couple W. C’est le coup de foudre : Monsieur est maire de Chantilly, Madame est la crème de la crème du maire. Eric W. — tel est son nom — pratique les étalons et la compta ; sa femme préfère les pur sangs, les déclarations fiscales allégées et les grandes lessives qui ne laissent rien. Le couple apprécie les choses simples : la Suisse, les banques, une certaine discrétion mais s’autorise parfois des trucs "wild trash" (les mocassins à gland, les sacs Lancel, les chapeaux ridicules …).

D’humeur primesautière après quelques verres de rosé, Eric W. révèle à Liliane le secret pour réussir la « salade niçoise », sa spécialité. Entre deux verres il lui explique : « C’est simple, il faut un Maistre queue un peu chanteur, beaucoup d’oseille partout, une bonne couche de respectabilité, un doigt d’entregent, un gros fist d’audace et on fourre le tout dans un imperméable Burberry’s à cause du climat suisse. Le secret, c’est le mélange des genres. »

Liliane B. est séduite par cet homme racé aux mains impeccablement manucurées. Eric W. a déjà un palmarès qui force le respect : son maître d’armes n’est autre que John François « platinum mastercard » Mancel, le héros du Conseil Général du Val d’Oise, fin connaisseur des bonnes tables de la région et des tribunaux (à la maison d’arrêt il se vantera souvent de les avoir tous faits, « sauf peut être le tribunal paritaire des baux ruraux et encore je suis pas sûr »). Il a aussi une « mentresse » (genre de mentor au féminin qu’on cultive à Neuilly) : Louise-Yvonne Casetta-la-Cassette.

Louise Yvonne Casetta dont le nom de scène est « L.Y.C my ass » déclarera un jour que sa passion c’est « l’éducation donc les lycées donc les ADOs donc foutez moi la paix ». Si Eric W. est bien entouré il a aussi d’autres atouts : il vient d’une famille politique sérieuse et, comme « Nic », le Chihuahua nain de Liliane B., il a un pedigree.

Le pedigree c’est important : ca permet de choisir ses amis. Liliane B. en a déjà beaucoup mais « les amis c’est comme les comptes en banque : il est toujours préférable d’en avoir plusieurs » lui rappelle de Maistre (un ami). « Pour sortir des moments difficiles/Avoir des amis c’est très utile » lui caquète dans le creux de l’oreille Bernard-Henri Lévy, ami et « philosophe officiel de la famille B. »™ en récitant ces beaux vers du grand poète japonais Yumiko Igarashi.

A cette époque Liliane B. traverse une passe difficile : le petit pied-à-terre qu’elle s’est offert dans le tiers monde lui cause des tracas administratifs. Ce morceau de rocher où elle « voulait voir venu le temps des rires et des champs [de blé], que ça soit toujours le printemps, un pays joyeux des enfants heureux, avec des monstres gentils bref : le paradis », on veut le lui imposer. Et l’imposition pour cette femme éprise de liberté c’est une hérésie !

Les conditions du drame qui ont permis cette horreur sont peu claires. La vieille dame explique : « FMB, un ami proche — j’ai beaucoup d’ami proches — avait eu la gentillesse de me préparer ma déclaration de revenus, il avait tout laissé en tas sur le meuble de la cuisine. Le temps que j’aille chercher le mou pour le chat dans le frigo, un coup de vent et hop, pfuittttttt, deux ou trois papiers ont dû s’envoler sans que je m’en rende compte (ce qui n’est pas dans mes habitudes : je fais très attention à mes comptes). J’ai fermé l’enveloppe et n’ai plus pensé à ça ». Quelques semaines plus tard, Clymène, une autre amie, lui fait comprendre que des gens — qui ne sont pas ses amis — pourraient lui « forcer une imposition » (mais pas des mains)

En écoutant l’histoire de Liliane B., Eric a les larmes aux yeux, et ce n’est pas que le rosé : l’injustice le fait souffrir (les dépréciations d’actifs aussi mais c’est un autre sujet). Il propose à Liliane B. les services de sa femme Florence.

Rapidement Florence W. devient une super copine de Liliane B. Elle aide Clymène à faire le ménage dans ses affaires et prend en charge le nettoyage et le blanchiment. Quelque temps plus tard, Florence écarte Liliane des griffes d’une administration tatillonne peuplée de gens envieux, mal élevés, un peu sales aussi (mais qu’il ne faut pourtant pas remplacer). Liliane B. est sauvée.

Cette histoire d’amitié dure toujours. Comme les vraies et belles amitiés entre gens dignes elle sait se nourrir de petits cadeaux simples fait les uns aux autres. Un jour Liliane B. aide Eric W. à aider un de ces amis : W. Eric, un autre jour, en « super nanny » espiègle, elle glisse au futur chef de l’Etat de quoi aller s’esquinter les dents avec quelques friandises avant l’élection.

En remerciement, il se murmure au Palais de l’Elysée que, Bernie ayant fait son temps et Douillet étant élu, le Chef de l’Etat pourrait prochainement nommer Liliane B. « nouvelle marraine des pièces jaunes ». Mais chut : Liliane préfère rester discrète !!

A l’heure où le gouvernement est engagé dans la mère de la mère de toutes les batailles, celle des retraites, cette belle histoire nous montre que dans un monde de brutes où sur le internet des terroristes zoophiles se déchaînent contre des pédophiles drogués au viagra, il reste encore de belles choses. Grâce à Eric W., solidarité, abnégation, courage, aide à la retraite des vieux sont encore des mots qui ont un sens. Merci Eric, merci Liliane, merci de nous rappeler qu’il n’y a pas que l’argent qui compte et que l’amitié aussi ça peut rapporter…

Source : http://bravepatrie.com/societe/liliane-b-nouvelle-marraine-des,1616

Publié dans Humour

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