Les grands oubliés de la CMU

Publié le par Carland

Publié sur INFO SECU SANTE

Handicapés, chômeurs... Ils sont des centaines de milliers à gagner un peu plus de 627 € par mois. Ils n’ont donc pas droit à la CMU complémentaire et les mutuelles sont trop chères.

Créée voilà dix ans, la CMU, la couverture maladie universelle, a constitué un progrès social incontestable. Pourtant, si, grâce à elle, tout le monde en France peut bénéficier d’une couverture de base, c’est-à-dire du remboursement des frais assuré par la Sécurité sociale, il n’en est pas de même des dépenses prises en charge par les complémentaires santé. Des dépenses qui, en raison de la politique d’économies menée depuis plusieurs années par la Sécurité sociale, représentent une partie de plus en plus importante du coût des soins. Or, pour avoir droit à la CMU dite « complémentaire santé », qui donne accès à la gratuité totale des soins, les conditions de ressources sont drastiques : il faut en effet percevoir pour tout revenu moins de 627 € par mois (un seuil revalorisé tous les ans). Un rapport du « fonds CMU », l’organisme qui finance le dispositif, que nous avons pu nous procurer dénonce cette situation. Il s’insurge contre ce plafond de ressources, « inférieur au seuil de pauvreté » (880 € par mois) et « excluant des dispositifs une grande part de la population démunie financièrement, y compris les allocataires de certains minima sociaux ». Plus grave, ce plafond de ressources a entraîné l’apparition d’une nouvelle catégorie d’assurés sociaux : ceux qui n’ont ni accès à la CMU complémentaire ni les moyens de se payer une mutuelle. A la clé : l’impossibilité de se soigner correctement. Ainsi, une consultation chez un généraliste leur coûtera 7,60 €, une consultation chez un neurologue 8,10 € et une journée à l’hôpital 18 €. Parmi eux des catégories particulièrement fragiles : une grande partie des 830 000 bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé (681,63 € par mois) et des 575 000 personnes touchant l’allocation de solidarité aux personnes âgées (677,13 €), et bientôt plusieurs milliers de chômeurs en fin de droits.

« Les personnes âgées à faible revenu et les handicapés pauvres payent plein pot pour leur santé »

« Les personnes âgées à faible revenu et les handicapés pauvres payent aujourd’hui plein pot pour leur santé », résume Christian Saoult, président du Collectif interassociatif sur la santé. Le problème est d’autant plus aigu que, comme le rappelle Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (Association des accidentés de la vie), « les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé sont par nature de gros consommateurs de soins. Ils dépensent donc beaucoup pour leur santé et subissent très fortement les franchises médicales ». Les pouvoirs publics, pour le moment, ne semblent pas s’en émouvoir...

Boris Cassel

Source : http://www.leparisien.fr/abo-economie/les-grands-oublies-de-la-cmu-04-01-2010-764096.php

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