Le monde part de la caisse !

Publié le par Carland

Le monde partait déjà de la caisse. Mais c’est le monde des vieux. Jamais tu ne peux être vioque chez les vieux.

Et puis quand tu as dix sept ans les vieux sont très vieux. Mais ils sont aussi très cons, ils savent tout. Enfin pas tous, ils y en a aussi qui parlent bien…

Comment ça des vieux qui parlent bien ? Si, ils ne sont là, ni pour toi, ni pour… Ils sont. Des pas faux culs, des pas vendus, des qui s’en foute du prix que tu vaux… Des qui rigole en te voyant.

Et la tu commence à te prendre pour un homme. Le jour ou toi le branleur tu entre dans leur monde que tu n’as pas connu. Le jour aussi où tu as les moyens de venir jouer dans la cour des grands. Dans la cour des grands, y a pas de saints et quand t’as 17 ans faut les suivre, ils ne te laissent pas entrer comme ça dans leur monde. Faut dire qui tu es. Faut les suivre et ne pas être un petit chien sinon c’est un coup de pied. Faut être un homme…

Homme, quel gros mot qui te pourri la vie. Mot qui ne rigole pas. Mot qui tue ton enfance. Mot qui te fait de toi un grand d’office, alors que tu ne l’est pas… Fier d’être avec eux au comptoir. Homme, c’est un mot d’on tu ne t’habille pas pour faire semblant, il te l’on donné le déguisement. Ils t’on passé la main.

Maintenant que j’ai l’âge de ces vieux. Maintenant qu’ils sont morts. Ben oui ils sont morts, pas tous mais presque. M’a fallut longtemps pour savoir ce qu’ils m’avaient donné sans argent, sans espoir même, ils avaient donné.

Mais qu’avaient ils donné ces vieux au gamin ?

Ils lui avaient donné la liberté. Ils m’avaient donné l’ordre de vivre. L’ordre de me démerder avec ma vie. L’ordre de ne pas plier… L’ordre de transmettre certaines valeurs que je porte et qu’on n’est pas nombreux à porter.

Le gamin est devenu vieux mais tant qu’il parlera, il te les racontera SES potes, ses amis qui auraient pu le traiter comme un puceau de la vie et qui en on fait un curieux de la vie. Pas un génie, non, un mec qui sait d’où il vient et qui l’a fait. Un mec qui n’oublie pas et qui essaie de passer la main. Voila un mec qui a eu de la chance NON ?

J’ai eu de la chance et je passe le témoin à ma manière. Eux qui ne levaient pas le poing pour chanter l’Internationale, me l’ont pourtant appris en voulant m’éviter ce qui nous arrive…

La suite viendra dans un dégueulis d’une autobiographie d’un fils de paysan p’tit bourge et qui sait ce que le déclassement social a de très FLUCTUANT !!!

Carland

Publié dans Coups de gueules

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