La réponse du collectif des précaires aux propos du maire de Brest

Publié le par Carland

Collectif brestois « en marche
contre l'injustice sociale »
Hall d'honneur
Mairie de Brest


François CUILLANDRE
Maire de Brest
Hôtel de ville

Cher voisin,


Nous, collectif  brestois « en marche contre l'injustice sociale », nous, travailleurs-pauvres, chômeurs, handicapés, retraités, étudiants, sans-logis..., et tous les exclus, en réponse à vos propos tenus dans la presse le vendredi 27 novembre 2009, nous tenons à vous préciser ce qui
suit :

Nous sommes un collectif d'individus, chacun y a sa place. Nous ne ressentons nullement le besoin d'élire un représentant, de nommer un leader, et nous résisterons à toute pression à aller dans ce sens. Nos statuts sociaux, nos parcours professionnels, nos opinions diverses ne
peuvent être résumées dans un discours réducteur, celui d'un porte-parole ou d'une délégation.

Monsieur le Maire, vous nous conviez à quitter votre mairie : « Il faut que l'Hôtel de Ville reprenne son rythme normal » dites-vous. Nous vous répondons que c'est la Cité qui doit reprendre un rythme normal par une vie digne de ce nom, et non plus une survie. Assumez-vous, Monsieur le
Maire, la précarité dans votre ville ? Y compris au sein des services municipaux, la galère s'étend tout autour de la rade de Brest. Vous dites également: « Mais les problèmes globaux qu'ils soulèvent relèvent de la politique nationale ». Faut-il vous rappeler, Monsieur le Maire,
que vous avez été député à l'Assemblée Nationale de 1997 à 2002 ?

Notre présence dans le Hall d'honneur de la Mairie face au marché de Noël vous gênerait-elle ? Seriez-vous plus préoccupé par l'épaisseur du porte-feuille des commerçants de l'association « Vitrine de Brest » que par le faible relief du porte-monnaie de vos administrés ? Seriez-vous
plus préoccupé par la visite du chef du gouvernement que par la proximité de celles et ceux qui subissent ses décisions au quotidien. Cette visite n'est-elle pas l'opportunité de mettre en avant nos revendications ? Ne serait-ce pas là votre devoir de premier magistrat de la ville et de porte-parole de la population ?

Nous n'occupons pas la Mairie pour le plaisir d'occuper. Nous sommes dans la maison des citoyens pour exprimer un ras-le-bol dont nous aimerions vous voir conscient. Nous aussi nous attendions « 'intelligence humaine » : il nous a fallu cinq jours d'occupation précaire pour éveiller votre sensibilité. Les chômeurs et précaires ne manquent pas d'intelligence ni de ressources humaines, tout ce qui leur manque, ce sont les moyens de vivre décemment. Nous exprimons ici le désir de débattre avec les trois députés de la région brestoise. Sauriez-vous organiser cette rencontre ? Voudriez-vous y participer ?

« Pourquoi ne vont-ils pas occuper la Sous-Préfecture ? » demandez-vous dans la presse. Vous voudriez donc nous voir dialoguer avec les représentants de l'État sans-même vous être exprimé sur le fond de nos revendications ? Nous, nous voudrions d'abord voir évoluer les consciences, et nous sommes ici pour favoriser et éveiller l'expression de nos semblables.

« Je n'ai pas pour habitude de répondre aux convocations » dites-vous aussi. Nous vous faisons remarquer que nous ne vous avons pas convoqué, mais invité à dialoguer et partager un repas. Mais vous, vous vous êtes invité avec votre majorité municipale en plein milieu de notre assemblée générale sans réelle volonté de dialogue, juste pour nous demander de quitter les lieux !

Dans l'attente de votre réponse, nous espérons que vous tiendrez compte de nos demandes exprimées ici, et que vous agirez en conséquence.

Si vous trouvez toujours « ridicule » notre proposition de partager notre repas, sachez que le ridicule ne tue pas et que notre invitation tient toujours. Ainsi vous verriez que notre mouvement n'a rien d'une « appropriation privée de locaux publics par un petit groupe » mais que, tout au
contraire, il est ouvert à la rencontre et est le fruit du croisement de destinées personnelles ayant juste en commun le goût du collectif.

Le collectif brestois « en marche contre l'injustice sociale »

P.S. : Vous voir soutenir et partager nos revendications, quel bien joli cadeau de Noël cela nous ferait !


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Publié dans Chômage & précarité

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