La générale de santé : saignées et ponctions... financières

Publié le par Carland

Leur crédo : profiter de votre passage à l'hôpital pour vous rincer financièrement grace à la mise en place de la loi HPST ! Pauvre passe ton chemin. Ici ont fait du bizness pas de l'humanitaire... Pas assez rentable !!!
  
Hospitalisation privée
Les nouveaux champs de bataille de la Générale de Santé

Alors que les décrets d'application de la loi HPST sont en cours de rédaction, le premier groupe d'hospitalisation privée engage ses médecins dans de nouvelles activités comme l'enseignement. L'accès aux soins dans le contexte de crise économique est une autre priorité. Explications.

Faut-il « faire table rase » ou plutôt comprendre « table ronde » ? Le lapsus du journaliste animateur qui introduisait la table ronde a bien sûr fait rire l'assistance du septième Forum médical organisé par la Générale de Santé à Marseille. La loi HPST a certes modifié le paysage réglementaire. Pour autant, la situation du premier groupe français d'établissements hospitaliers français en 2009 est plutôt stable. « Nous occupons 16 % de parts de marché », souligne Frédéric Rostand, le président du directoire, en dépit d'une crise financière et économique qualifiée de « sans précédent ». L'année 2008 avec ses résultats décevants est oubliée. Cela s'était d'ailleurs traduit l'année dernière par l'annulation du forum médical. Aujourd'hui, le groupe affiche ses ambitions et ses moyens. La stratégie de conquête est clairement énoncée. Si l'on parle de consolidation en chirurgie, alors que le secteur public gagne des parts de marché, les soins de suite et de réadaptation, la santé mentale constituent les axes majeurs de développement. En MCO, Générale de Santé, pour répondre à la concurrence des hôpitaux publics, vise à regrouper des établissements afin de créer des hôpitaux de référence. À Lyon, à l'hôpital privé Jean-Mermoz, cette politique a permis un accroissement de 20 % de l'activité. Enfin, le recentrage sur la France est confirmé.

L'accès aux soins, un enjeu économique

Et si Frédéric Rostand parle de « disette tarifaire », cela n'a pas entravé la capacité d'investissement du groupe. En 2008, elle s'est élevée à 220 millions d'euros. Le montant devrait être comparable en 2009.

Cette force de frappe sera-t-elle suffisante face aux nouveaux objectifs de management impulsés par la loi HPST ? « Chaque établissement de santé doit se positionner sur le sens à donner à son action », a précisé Jean-Loup Durousset, président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP) lors de la table ronde. En attendant, la concurrence frontale avec les hôpitaux publics incite à occuper tous les terrains, y compris ceux de l'enseignement ou de la recherche. La formation des internes ou des chefs de cliniques n'est pas seulement une question d'image. C'est aussi l'opportunité de faire connaître aux futurs praticiens le mode d'organisation des établissements privés. Avec, à la clé, l'opportunité de repérer les meilleurs d'entre eux. L'accès aux soins est un autre chantier prioritaire. Les patients, crise du pouvoir d'achat oblige, sont désormais plus attentifs aux dépassements d'honoraires qui leur sont demandés. Avec pour conséquence un retour vers l'hôpital public. L'accès aux soins, au-delà de l'incantation, devient un enjeu économique. D'où un dialogue avec les praticiens afin de les inciter à « la pratique raisonnée des compléments d'honoraires ». La création du secteur optionnel ouvert aux chirurgiens et aux anesthésistes répond à cette exigence. Autre problème à ce jour non résolu, la rémunération des activités transversales effectuées au sein des CME : doit-on en envisager une part forfaitaire ? Tout au long de la table ronde, le recours éventuel au salariat a d'ailleurs été évoqué par plusieurs participants.

Problème récurrent, la convergence tarifaire

Enfin, persiste la question qui fâche, celle de la convergence tarifaire (1). Elle a donné lieu à une passe d'armes entre Jean-Loup Durousset et Bertrand Fragonard, président du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance maladie, dont c'était ici la dernière intervention publique (2). Loin, paraît-il, des chiffres avancés par la Fédération, la différence entre les tarifs pratiqués par les deux secteurs s'élèverait à 7 milliards d'euros, selon Bertrand Fragonard. La bataille des chiffres est loin d'être terminée.

Gilles Noussenbaum à Marseille

1. Voir aussi page 14.

2. Nommé président délégué du nouveau Haut Conseil pour la famille.

Source : Décision Santé

Publié dans Santé

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