L' Arabie Saoudite envoie son armée mater les Barheïnis

Publié le par Carland

Les manifestants bahreïnis parlent de "déclaration de guerre."

Quelque 150 transports de troupes blindés ainsi qu"'une cinquantaine d'autres véhicules - jeeps, cars, ambulances et canons à eau - ont pénétré sur le territoire de la petite île, gouvernée depuis le XVIIIe siècle par une dynastie sunnite, par le pont-digue de 25 km la reliant à l'Arabie.

Des centaines de manifestants chiites bahreïnis restent retranchés derrière des barricades de fortune aux abords de la place de la Perle, haut lieu de la contestation politique dans la capitale, Manama, depuis le mois dernier.

On ignore la destination finale du convoi composé, dit-on de source saoudienne autorisée, d'un millier de soldats. Mais, des témoins rapportent que les militaires ont pris la direction du quartier sunnite de Riffa, où réside la famille royale et où se trouve un hôpital militaire.

Les troupes saoudiennes interviennent dans le cadre du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont Bahreïn a sollicité l'aide pour venir à bout de la révolte chiite susceptible de menacer la dynastie des Khalifa. Leur mission et de "protéger les installations gouvernementales", dit-on de source saoudienne.

LE SPECTRE DE L'IRAN

Outre Bahreïn et l'Arabie saoudite, le CCG, alliance politique, militaire et économique, comprend les Emirats arabes unis, le Koweït, le Qatar et Oman, autant de monarchies sunnites qui s'inquiètent de l'agitation chiite chez le plus vulnérable de leur partenaire.

Le royaume wahhabite, qui domine le CCG, surveille avec d'autant plus d'inquiétude la situation à Bahreïn qu'il redoute une contagion à ses provinces orientales pétrolières, peuplées par d'importantes minorités chiites et où de petites manifestations ont déjà eu lieu.

Ryad soupçonne l'Iran, la puissance chiite régionale, de velléités d'ingérence. Bahreïn n'hésite d'ailleurs pas à accuser ses opposants de recevoir une aide de la République islamique, dont les pétromonarchies du Golfe mais aussi des pays comme l'Egypte et Israël craignent l'influence croissante dans la région.

Dimanche, les affrontements entre manifestants chiites et forces de l'ordre à Bahreïn avaient été d'une violence sans précédent depuis le 17 février, date à laquelle sept personnes avaient été tuées par l'armée.

Après avoir tenté de repousser les protestataires pendant plusieurs heures, la police a reculé et de jeunes manifestants ont dressé des barricades en travers de l'avenue qui conduit au quartier d'affaires Financial Harbour de Manama.

Ces barricades étaient toujours en place lundi. Les manifestants contrôlaient les voitures à l'entrée de la place de la Perle. De l'autre côté de l'avenue, les policiers ont mis en place un barrage pour empêcher les véhicules de rejoindre le quartier d'affaires en provenance de l'aéroport.

WASHINGTON PARLE DES DROITS DU PEUPLE

Les partis d'opposition, dont le Wefak, le principal parti chiite, ont dénoncé toute intervention militaire par les airs, la mer ou la terre comme une "agression contre des citoyens sans défense".

"Nous ne partirons jamais. Pourquoi aurions nous peur ? Nous n'avons pas peur dans notre pays", s'est exclamé un manifestant, Abdallah, interrogé sur l'éventuelle intervention saoudienne contre les manifestants.

La Maison blanche a invité les militaires saoudiens et les Etats membres du CCG qui pourraient être aussi appelés à intervenir à Bahreïn "à faire preuve de retenue, à respecter les droits du peuple de Bahreïn et à agir d'une façon qui soutienne le dialogue au lieu de le saper".

Signe que l'opposition du petit royaume et la monarchie seraient peut-être sur le point de trouver une issue à la crise, des groupes d'opposition ont discuté avec le prince héritier Salman al Khalifa des modalités d'un dialogue national.

Le prince Salman leur a promis que ce dialogue porterait sur des revendications clés des manifestants, dont un accroissement des pouvoirs du parlement, une réforme du gouvernement et une modification de la carte électorale.

Mais l'opposition est de plus en plus divisée entre modérés, dont le Wefak, prêts à discuter des réformes politiques avec la dynastie sunnite au pouvoir et des petites formations chiites plus radicales, qui veulent carrément abolir la monarchie.

Avec Ulf Laessing à Ryad, Jean-Stéphae Brosse et Marc Delteil pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110314/twl-bahrein-ccg-38cfb6d.html

Publié dans Monde

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