Grève à Saupiquet : l’usine de Saint-Avé ne tourne plus

Publié le par Carland

« On est lancé, on y va à fond ! » Premier jour de grève à l’usine Saupiquet de Saint-Avé : banderoles, piquets de grève autour de braseros installés aux trois entrées du site.

Les salariés ont engagé depuis ce matin, un bras de fer avec la direction pour réclamer « une prime de reconnaissance de 20 000 euros ».

Remontés, ils ont voté (53 oui, sur 73 votants) cette grève car « nous ne sommes pas d’accord avec la prime de chantage de bonne continuité de 5 000 euros. On sait qu’on la perd en faisant grève mais on n’a rien à perdre et on y ira jusqu’au bout ».

Fermeture reportée à juin

Les salariés ont vu rouge à l’annonce du report de la fermeture de l’usine à fin juin, « on nous demande de travailler deux mois de plus et plus rien derrière… Non et non ! ».

Et surtout depuis la publication du rapport d’experts comptables, la semaine dernière, qui avance que l’usine de Saint-Avé aurait pu continuer « à vivre encore un an. Le temps de trouver une solution. Une bonne solution et pas la délocalisation à Quimper et en Italie de nos chaînes de production », dénoncent les représentants de l’intersyndicale.

Pénalités

Le dit rapport indique également que Saupiquet a réalisé six millions d’euros de bénéfices en 2009, « et on n’a rien vu en termes d’investissements quand elle a fait 9 millions de bénéfices en 2008 et 17 en 2007 ! Alors, on veut que notre travail soit reconnu. Nous ne sommes pas les méchants dans tout ça ! »

Pour les syndicats, « c’est clair, la direction n’a pas eu la volonté de trouver une solution ». Depuis ce matin, aucune boîte de saladières n’est fabriquée et ne sortira de l’usine. Ce qui peut mettre la société en situation délicate vis-à-vis de ses clients, « elle risque des pénalités de la grande distribution puisqu’elle ne livre plus. La direction menace de fabriquer ailleurs… Mais on ne croit pas qu’elle dévoilera ses process de fabrication à un concurrent… »

À l’intersyndicale, tout le monde voit là un moyen de pression.

Ce midi, une délégation doit rencontrer le patron de l’usine. En début de matinée, elle a envoyé ses revendications au siège, à Courbevoie. Cet après-midi, des actions sont prévues à Vannes si aucune discussion n’est possible.

Isabelle JOHANCIK.

Publié dans Saupiquet

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M

Depuis le lundi 08 février 2010 les salariés de Saupiquet de SAINT-AVE sont en grève illimitée. Au mois de décembre dernier, comme cadeau de Noël, nous avons appris la fermeture de l’usine, alors
que la société SAUPIQUET fait des bénéfices substantiels ainsi que le confirme le rapport de l’expert-comptable commandé par le comité central d’entreprise. Les dividendes versés aux actionnaires
ne semblent jamais suffisants et ce sont toujours les salariés qui sont sacrifiés en dépit de toute logique économique. La crise récente du capitalisme a révélé au grand jour les excès d’un
libéralisme insatiable et sans limite. Qui se préoccupe alors des salariés qui se retrouvent abandonnés dans un bassin d’emploi vannetais où le taux de chômage ne cesse de progresser ? La société
SAUPIQUET n’est qu’une filiale de la multinationale Italienne « BOLTON » dont les préoccupations se limitent aux dividendes à verser à quelques actionnaires. Que pèsent quelques salariés face à une
entité supranationale qui n’a que faire des préoccupations sociales locales ? 13 mutations en Italie et 37 à Quimper (alors que ce site ne peut pas garantir des emplois pérennes) et quelques
mesurettes de reclassement pour les autres, voilà le plan pour l’emploi de SAUPIQUET ! Derrière cette énième fermeture d’usine, se cache la détresse de nombreuses familles qui ne comprennent pas
les raisons de ces licenciements. De nombreuses vies sont brisées sans aucune reconnaissance. Ce sont de véritables drames familiaux qui seront la conséquence des mesures prises par SAUPIQUET.
Comment imposer à des familles qui sont installées depuis plusieurs années de tout quitter pour un emploi incertain, de vendre leur maison, de changer d’école pour les enfants, de tout recréer
ailleurs alors que tant d’efforts et de sacrifices ont déjà été consentis ? Bien sûr, SAUPIQUET ne sera plus là et c’est toute la collectivité qui supportera en définitive les effets de ces
licenciements !
Plus qu’une nouvelle affaire de délocalisation, c’est tout un modèle de société qui est en jeu. A défaut de pouvoir sauver notre outil de production, nous revendiquons de pouvoir partir avec de la
dignité et de la reconnaissance. Puisque les pouvoirs publics semblent insensibles aux préoccupations du monde du travail, alors que SAUPIQUET comme tant d’autres a dû bénéficier d’aides en tout
genre pour finalement les reverser aux actionnaires, les salariés n’ont comme seule arme que de se mettre en grève. Ce mouvement social n’est pas seulement la défense de nos intérêts mais
l’interpellation de tous pour qu’enfin notre société devienne plus juste et plus solidaire.


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