Garde à vue pour trois lycéens marseillais qui auraient insulté la fille d'une policière

Publié le par Carland

Le 26 mars 2010, à 10 heures lors d'une pause-cigarette devant le lycée marseillais Antonin-Artaud, trois élèves de première échangent des injures avec une autre lycéenne. Pas d'autre violence physique qu'un «jet de bouchon de liège» selon Marie Ignacio, représentante du syndicat Snes (syndicat national de l'enseignement secondaire) au sein de l'établissement et qui a alerté la presse. Une altercation verbale qui aurait pu s'arrêter là si la jeune fille, se sentant «agressée», n'avait appelé sa mère qui se trouve être commandante de police dans un commissariat voisin, à Plan-de-Cuques.

«Dans la demi-heure suivante, 12 fonctionnaires de police, à bord de trois véhicules de service, dirigés par un commandant de la police nationale du commissariat de Plan-de-Cuques se rendaient au lycée», raconte le communiqué du Snes. «La proviseure, qui n'était même pas au courant de l'altercation, a vu débarquer dans son bureau une commandante de police et un policier qui lui ont demandé d'aller chercher les trois élèves dans leur classe, raconte Marie Ignacio, enseignante d'espagnol. L'interpellation a eu lieu dans son bureau, c'était ça ou les policiers interpellaient les élèves à la sortie de midi. La proviseure n'a pas voulu prendre le risque que ça dégénère.»

Toujours selon le Snes, les trois garçons, pour deux d'entre eux mineurs, ont été placés en garde à vue au commissariat de Plan-de-Cuques «avec fouille au corps, interrogatoire, fichage, menottes aux poignets, prise d'empreintes, prise d'empreintes ADN, photos anthropométriques». Puis ils ont été transférés dans un autre commissariat au sud de Marseille où ils ont subi une nouvelle fouille avant d'être relâchés après huit heures de garde à vue. 

«Une intervention illégale»

La mère de la jeune fille a confondu ses fonctions de policière et de mère, déclare Alain Barlatier, secrétaire académique du Snes qui dénonce «une intervention illégale». «Nous n'avons rien contre le fait que la police vienne au lycée, il existe des conventions en ce sens, mais là il n'y avait ni flagrant délit, ni plainte, ni commission rogatoire, ni demande du proviseur et, qui plus est, le lycée Artaud n'est pas dans le périmètre de responsabilité du commissariat de Plan-de-Cuques», dit-il. D'autant plus, remarque Marie Ignacio, «qu'on arrive très bien à régler ce genre d'événement à l'intérieur de l'établissement avec les instances existantes, comme les CPE et, si besoin, les conseils de discipline». Tous précisent que le lycée, situé dans le 13e arrondissement de Marseille, est un établissement «tranquille», «sans problème de violence particulier».

Peinés et choqués, les parents ont été reçus vendredi 2 avril par le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Selon la DDSP, une enquête interne est en cours. «La direction a promis aux parents qu'il n'y aurait pas de traces, que les empreintes et les noms de leurs enfants seraient effacés des fichiers», explique Mathilde Calvin, présidente de la FCPE (fédération des conseils de parents d'élèves) au lycée Antonin-Artaud.

Source : http://www.mediapart.fr/journal/france/060410/garde-vue-pour-trois-lyceens-marseillais-qui-auraient-insulte-la-fille-dune-po

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