Gardé à vue

Publié le par Carland

Elle est arrivée
L’air un peu fatigué

Je ne la connaissais pas
Elle ne me connaissait pas

J’étais à table et je parlais
Elle était debout et se taisait

Me suis dis, tombé dans un traquenard
A cause des questions dans son regard

Hé ho hein bon, j’ai rien fait moi
Dans ses grands yeux bleu LA question : t’es qui toi ?

Long, l’interrogatoire, implacable aussi
Pleins de questions et pas un mot dans le bruit

A table, ça rigolait, ça déconnait
Pas moyen de participer. Elle me calculait, elle me jaugeait

Ses yeux, son attitude, j’attendais la sentence,
Elle est venue dans un sourire. Une délivrance

C’est elle qui avait les clés
C’est elle qui a décidé sous condition ma mise en liberté

Elle s’est installée sur mes genoux
Et je suis devenu son joujou

J’avais connu la garde à vue à la gendarmerie
Pas douté de moi, même pas peur, sous les moqueries

Elle avait trois ans et elle, elle m’a fait peur,
Peur d’être un tocard, peur de ne pas être à la hauteur

Drôle de dimanche où entre apéro et foutaises
Sans que personne ne s’en aperçoive, je suis passé au trapèze

Drôle de journée où pour une fois on m’a regardé dans les yeux
A trois ans les yeux sont durs, ils ne trichent pas, ils interrogent. Ils sont sérieux !

C’est la vie, je ne verrais pas les questions dans les yeux de mes enfants,
Pourquoi les parents ont t’ils peur des questions de leurs enfants ?

Carland

Publié dans Poésie

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