Expulsion par -5° à Bagnolet (vidéo)

Publié le par Carland


DAL / Droit Au Logement Expulsion au bulldozer à Bagnolet (93), 92 rue Victor Hugo :

Environ 80 personnes, et quelques enfants ont été expulsé ce matin, par d’importantes forces de police.

L’immeuble est en cours de destruction avec les biens des occupants. Certains habitaient là depuis 10 ans. Il s’agissait d’un immeuble de logements, appartenant à la mairie de Bagnolet, qui selon certaines sources aurait été revendu récemment à une filiale du groupe Auchan pour construire des logements.

Aussitôt expulsés, les bulldozers se sont mis au travail, détruisant les biens des expulsés restés dans l’immeuble. L’huissier de justice présent sur les lieux a répondu que la mairie avait refusé de louer un garde meuble. Aucun inventaire des biens n’a été dressé, en violation avec le code des procédures civiles d’exécution qui régit le travail des huissiers de justice.

Le commissaire en charge d’exécuter l’expulsion a assisté à la destruction des bien sans broncher.

Devant être reçus par un adjoint au logement, les expulsés ont alors attendu en vain 2 heures sous la neige, devant la mairie de Bagnolet, puis ont été se mettre à l’abri dans un gymnase voisin, vers 15 h00.

Un responsable de la préfecture de Saint Denis dépêché sur place a fait évacuer la gymnase par les gardes mobiles à la demande du maire. Les expulsés à nouveau à la rue se sont rassemblés et remontent vers l’immeuble en cours de destruction.

Il s’agit d’un nouveau dérapage après celui du 25 rue de l’échiquier, Paris 10ème. Cette fois les autorités chargées de faire respecter la loi s’en affranchissent, et remettent en cause gravement les droits des personnes expulsées de leur logement.

Les expulsés sont en majorité des migrants d’Afrique de l’Ouest, des Français, et quelques sans papier. Des habitants de Bagnolet, des représentants de RESF et de la CIP sont sur place et apportent leur soutien.

Droit Au logement dénonce cette expulsion en plein hiver, qui une fois de plus piétine les droits des personnes vulnérables. Le DAL demande aux autorités :

- de prendre des mesures immédiates pour reloger les expulsés, si nécessaire par voie de réquisition,

- de mener une enquête et sanctionner les responsables de cette destruction de biens injustifiée, * la régularisation des expulsés qui sont sans papier.

Droit Au Logement a été saisi sur ce dossier, lors d’un rassemblement en fin de matinée organisé pour soutenir les habitants d’un taudis sans toit, sans eau courante et sans électricité pour certains locataires, situé 35 rue Marie Anne Colombier.

Source : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article98229


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